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Areeba Guinée : la délégation syndicale salue la reprise par l’État mais réclame un partenaire stratégique

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La délégation syndicale d’Areeba Guinée SA sort de son silence et adresse un message direct au ministre de l’Économie et des Finances. Dans une lettre datée du 5 janvier 2026 dont Laguinee.info dispose copie, les représentants des travailleurs saluent l’acquisition à 100 % de l’opérateur télécom par l’État, tout en exprimant de fortes inquiétudes quant à la gestion future de l’entreprise.

 

Le ton est respectueux mais ferme. Les syndicalistes rappellent d’abord que le décret présidentiel du 11 décembre 2025, transformant Areeba en société publique autonome, a mis fin à des mois d’incertitude. Pour eux, cette décision évite un scénario dramatique similaire à celui qu’ont connu INTERCEL PLUS ou la SOTELGUI, dont la chute avait laissé des centaines de travailleurs sans emploi.

 

« Nous disons merci à l’État guinéen pour avoir sauvé plus d’un millier de pères et mères de famille », écrit la délégation, qui reconnaît les efforts engagés pour préserver ce qu’elle qualifie de “souveraineté technologique et numérique”.

 

Une vigilance assumée

 

Même si la reprise est saluée, les inquiétudes restent vives. Les représentants syndicaux estiment que la survie d’Areeba Guinée ne dépend pas seulement d’une décision politique, mais surtout d’une gestion technique rigoureuse, d’investissements solides et d’une vision tournée vers l’innovation.

 

Ils redoutent que l’entreprise, désormais entièrement détenue par l’État, ne retombe dans les difficultés qui avaient coûté cher à des opérateurs publics dans le passé. Ils insistent sur la nécessité d’une gouvernance fondée sur la compétence, l’efficacité et l’efficience.

 

Un appel à l’ouverture du capital

 

Pour garantir cette stabilité, la délégation avance une proposition claire : ouvrir le capital à un partenaire technique et financier. Selon elle, le marché des télécoms est trop complexe, trop concurrentiel et trop innovant pour qu’un opérateur prospère avec un seul actionnaire public.

 

Les syndicalistes recommandent une ouverture à hauteur d’au moins 50 % à un investisseur spécialisé dans le secteur. Ils demandent également que les travailleurs puissent détenir 5 % des parts, afin qu’ils soient pleinement impliqués dans la dynamique de performance de l’entreprise.

 

L’État pourrait conserver une participation significative, tout en bénéficiant des dividendes, des recettes fiscales et des redevances liées à l’activité.

 

Un avertissement sur les risques de gestion

 

La lettre insiste sur une crainte partagée par une partie du personnel : revivre le scénario de la SOTELGUI ou d’Air Guinée, deux structures publiques dont les difficultés avaient mis en lumière les limites d’une gestion administrative peu adaptée aux logiques du marché.

 

Pour la délégation syndicale, seule une gouvernance mixte, associant l’État, les travailleurs et un partenaire stratégique, permettrait d’assurer une gestion “orientée résultats”, capable de soutenir la modernisation technique et commerciale d’Areeba.

 

 

Un message politique et social

 

Au-delà des considérations économiques, la lettre met en avant l’enjeu humain. Areeba emploie plus d’un millier de personnes, et son avenir conditionne la stabilité sociale de nombreuses familles. Les syndicalistes rappellent cet aspect avec insistance, souhaitant éviter toute rupture brutale ou restructuration précipitée.

 

La démarche vise aussi à alerter le gouvernement sur la nécessité d’aller vite. Les années à venir seront décisives pour stabiliser le marché des télécommunications en Guinée, marqué par une forte concurrence et par une transformation technologique permanente.

 

La lettre se conclut par des salutations respectueuses, mais elle laisse transparaître une demande urgente : des garanties claires, une stratégie solide et une gouvernance partagée pour assurer l’avenir d’Areeba Guinée SA.

 

Laguinee.info

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