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Sékou Kaïssa Cissé: « Il n’y a pas de processus électoral parfait au monde»

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Alors que le président élu, Mamadi Doumbouya, s’apprête à être investi le 17 janvier prochain au stade de Nongo, recevant les félicitations de plusieurs capitales étrangères et institutions internationales, le débat sur la légitimité du scrutin du 28 décembre ne s’est pas totalement éteint en Guinée. Certaines formations politiques et organisations de la société civile maintiennent leur contestation, créant une dissonance entre la reconnaissance internationale et une partie du paysage national.

 

Dans la ville de Kankan, cette persistance des critiques suscite incompréhension et inquiétude chez certains observateurs locaux. Sékou Kaïssa Cissé, acteur de la société civile, en est l’un des porte-voix. Pour lui, le temps n’est plus au questionnement du processus, mais à la responsabilité collective.

 

« Il n’y a pas de processus électoral parfait au monde, concède-t-il. Les irrégularités soulevées devraient servir de leçon pour les prochaines échéances. » Il rappelle que les recours légaux, notamment auprès de la Cour suprême, étaient ouverts aux candidats en lice avant la validation définitive. « À partir du moment où ces voies n’ont pas été empruntées à temps pour invalider les résultats, personne n’en a plus le droit aujourd’hui », estime-t-il, jugeant que certaines critiques actuelles contribuent à « décrédibiliser » l’ensemble du processus.

 

Sa préoccupation majeure porte sur le climat que ces discours pourraient engendrer. « Les gens doivent mettre de la pédagogie dans leur communication, insiste-t-il. Certains messages risquent d’installer un climat de méfiance entre l’État guinéen et ses partenaires internationaux. La seule question que je me pose est : est-ce le moment de tenir ces discours qui nous font perdre un temps précieux ? »

 

Cette interrogation le conduit à appeler à la retenue concernant d’éventuels appels à la mobilisation de rue. « On vient de sortir d’un processus électoral, les résultats ont été validés. Le pays n’a vraiment pas besoin, quelle qu’en soit la nature, de manifestations qui pourraient dégénérer en scénarios peu plaisants », plaide-t-il, visiblement soucieux de préserver la paix sociale. Il encourage plutôt les mécontents à utiliser « les différentes voies de recours » légales pour se faire entendre.

 

Toutefois, Sékou Kaïssa Cissé ne remet pas en cause le principe même du droit de manifester, garanti par la Constitution. « La manifestation est autorisée, mais elle est encadrée par des procédures, précise-t-il. Si les autorités locales donnent leur autorisation, alors c’est un choix. Mais je pense sincèrement que l’heure n’est pas à amener la population guinéenne dans la rue. »

 

Pour cet activiste, le chapitre de l’élection doit désormais se refermer au profit d’une autre urgence : le quotidien des Guinéens. « On ne peut plus revenir en arrière, affirme-t-il. Ce qui est beaucoup plus important maintenant, c’est de savoir comment amener le président élu démocratiquement à tenir compte des problématiques auxquelles la population est confrontée. »

 

Il place ses espoirs dans une gouvernance renouvelée, axée sur le concret et la proximité. « La priorité, c’est de mettre le focus sur la gouvernance locale participative », conclut-il, résumant l’attente de nombreux citoyens : que la politique redescende sur le terrain, au plus près des préoccupations réelles, pour construire la stabilité et le progrès dont le pays a besoin.

 

De Kankan, Mohamed Lamine Yansané pour Laguinee.info

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