La controverse autour du recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais par l’État guinéen prend une nouvelle dimension avec la publication de la liste nominative des 59 concernés. Révélée par le quotidien sénégalais L’Observateur et relayée par plusieurs médias, cette divulgation intervient dans un climat de forte tension entre Dakar et Conakry.
Selon le site emedia.sn, cette publication fait suite à un appel à la transparence lancé par le professeur Abdou Salam Sall, ancien recteur de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. Dans un entretien accordé à L’Observateur, celui-ci avait demandé que les noms des enseignants recrutés soient rendus publics, estimant que le débat ne pouvait rester cantonné à des chiffres globaux.
Une publication qui confirme l’ampleur du recrutement
La liste désormais rendue publique confirme l’ampleur et la diversité du recrutement opéré par la Guinée. Elle regroupe des professeurs titulaires, des maîtres de conférences, des maîtres-assistants et des assistants issus de domaines variés : mathématiques, physique, économie, droit, sciences de l’ingénieur, intelligence artificielle, environnement, sciences humaines et sociales.
Ce recrutement massif concerne des disciplines stratégiques pour les universités sénégalaises, ce qui explique la réaction ferme des autorités de Dakar, qui dénoncent une remise en cause des règles encadrant la gestion des ressources humaines dans l’enseignement supérieur public.
La liste des 59 enseignants-chercheurs concernés
Les enseignants-chercheurs sénégalais recrutés par l’État guinéen sont les suivants :
- Marie Salomon Sambou, professeure titulaire en analyse complexe et géométrie
- Ibrahima Sakho, assistant en physique nucléaire et atomique
- Ndiouma Ndour, professeur titulaire en comptabilité et gestion financière
- Diouma Faye, assistant en études africaines francophones
- Moussa Sall, assistant en algèbre et cryptographie
- Ibrahima Thiam, professeur titulaire en économie monétaire et financière
- Melyan Mendy, maître de conférences en gouvernance et management universitaire
- Seny Diatta, assistant en géométrie
- Djiby Sow, assistant en cartographie
- Cheikh Khoulé, maître-assistant en géométrie différentielle appliquée
- Alioune Guèye, assistant en algèbre
- Adama Thiandoum, assistant en géométrie différentielle appliquée
- Lamine Ngom, assistant en algèbre appliquée
- Awa Traoré, maîtresse de conférences en économie du développement
- Mouhamadou Moustapha Aïdara, professeur titulaire en droit public et administration territoriale
- Serigne Diop, maître de conférences en gestion, comptabilité, audit et finance
- Oumar Sall, professeur titulaire en géométrie algébrique et théorie des nombres
- Dialo Diop, assistant en physique, intelligence artificielle et énergie
- El Hadji Sow, assistant en algèbre
- Avewe A. Bassène, assistant en data science et intelligence artificielle
- Fatimata Ba, assistante en matériaux et énergie renouvelable solaire
- Yoro Dia, assistant en intelligence artificielle
- Guillaume Itbadio Sadio, assistant en équations différentielles partielles
- Moctar Traoré, assistant en géométrie et algèbre
- Aliou Sonko, assistant en analyse numérique
- Serigne Mbacke Coly, assistant en eau et environnement
- Issa Samb, maître de conférences en chimie organique et environnement
- Cheikh Ndoye, assistant en chimie inorganique et analytique
- Ngalla Djitté, professeur titulaire en analyse mathématique
- Aboubakary Diakhaby, professeur titulaire en mathématiques et informatique
- Youssou Ciss, assistant en probabilités et statistiques
- Sidy Moctar Djitté, assistant en analyse non linéaire et équations aux dérivées partielles
- Alioune Badara Seck, assistant en économie industrielle
- Babou Diane, assistant en énergie, matériaux, électronique et télécommunications
- Aïda Gaye, assistante en construction durable et ingénierie du bâtiment
- Seydou Ndiaye, assistant en agroforesterie et productions végétales
- Mouhamadou Saliou Diallo, maître-assistant en finance et marchés financiers
- Abdou Karim Faye, maître de conférences en marketing et gestion commerciale
- Abdou Aziz Touré, assistant en macroéconomie, économétrie et politiques publiques
- Ibrahima Diédhiou, assistant en recherche opérationnelle
- Isaac Yakhoba Ndiaye, professeur titulaire en droit privé, ancien membre du Conseil constitutionnel
- Agnès Ngom, assistante en télécommunications et réseaux informatiques
- Babacar Mbaye, assistant en informatique et cybersécurité
- Mamadou Lamine Diop, assistant en mathématiques appliquées
- Abdou Karim Farota, maître de conférences en physique, électronique et informatique scientifique
- Ousmane Niass, assistant en chimie analytique
- Moussa Ibra Ngom, assistant en énergie solaire photovoltaïque
- Alassane Diaw, assistant en optoélectronique et matériaux
- Djimba Niane, assistant en robotique et énergie solaire
- Mboya Ba, assistant en équations aux dérivées partielles
- Pape Abdoulaye Barro, assistant en IoT, data et smart cities
- Mamadou Lamine Coly, assistant en physique appliquée et énergétique
- Bouya Diop, professeur titulaire en physique de l’atmosphère et du climat
- Cheikh Saliou Mbacké Babou, assistant en réseaux et télécommunications
- Birane Koundoul, assistant en deep learning et optimisation
- Serigne Mbacké Guèye, assistant en vulgarisation technologique et scientifique
- Ibrahima Diba, assistant en climatologie et modélisation climatique
- El Hadji Thierno Doumbia, assistant en pollution environnementale
- Saliou Nour, maître-assistant en anthropologie et philosophie
Une affaire toujours sensible
La publication de cette liste renforce la pression sur les autorités sénégalaises, qui ont déjà instruit les recteurs d’identifier la situation administrative des enseignants concernés et de proposer des mesures correctives. À Conakry, ce recrutement est présenté comme une réponse au déficit de ressources humaines qualifiées dans un système universitaire en pleine réforme.
Sans être officiellement qualifiée de crise diplomatique, l’affaire illustre une tension croissante autour de la mobilité des enseignants-chercheurs en Afrique de l’Ouest et pose, une fois de plus, la question de l’équilibre entre coopération régionale et protection des intérêts nationaux dans le secteur stratégique de l’enseignement supérieur.
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