La longue épreuve de force entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation vient de connaître un tournant décisif. Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026, après plus de six semaines de négociations tendues, les deux parties ont scellé un protocole d’accord présenté comme un compromis majeur, mettant provisoirement fin à une crise qui a lourdement perturbé le système éducatif.
Réunis au ministère du Travail et de la Fonction publique depuis le 17 novembre 2025, représentants de l’État et de l’intersyndicale de l’éducation (FSPE, SLECG et SNE) ont négocié sous la médiation du Conseil national du dialogue social, avec l’appui de l’Inspection générale de l’administration publique. Ces discussions faisaient suite au mémorandum syndical du 1er septembre 2025, resté jusque-là sans réponse satisfaisante.
Des concessions financières au cœur de l’accord
Le protocole consacre plusieurs concessions financières en faveur des enseignants, longtemps au centre des revendications syndicales. La prime de préparation mensuelle est revalorisée de manière substantielle, passant de 100 000 à 500 000 francs guinéens, avec une application progressive dès février 2026. La prime de craie suit la même trajectoire, tandis que la prime annuelle de documentation est désormais fixée entre 300 000 et 1 500 000 GNF.
Les indemnités de logement et de transport connaissent également une hausse notable. Elles sont respectivement portées à 250 000 GNF et 200 000 GNF, avec un paiement étalé entre mai et septembre 2026, selon un calendrier arrêté d’un commun accord.
Salaires bloqués et arriérés : un mécanisme de règlement annoncé
Autre point sensible, la question des salaires en souffrance a fait l’objet d’engagements précis. Le gouvernement s’engage à poursuivre le déblocage des salaires de juillet et août 2025, avec paiement intégral des primes précédemment amputées. La réouverture de la plateforme FUGAS est également actée afin de traiter les dossiers des enseignants dont les salaires sont bloqués depuis décembre 2023.
Une commission bipartite, associant l’administration et les syndicats, sera chargée d’examiner ces dossiers et de procéder aux régularisations jugées fondées d’ici fin janvier 2026.
Reclassements et carrière : des promesses encadrées
Sur le terrain de la carrière professionnelle, l’accord prévoit la prise en charge, dès janvier 2026, des arrêtés de reclassement des enseignants admis aux examens professionnels, notamment ceux de la session 2017. Les parties conviennent également de la poursuite régulière de ces examens, afin d’éviter l’accumulation de situations en suspens.
Les primes de fonction, longtemps revendiquées, sont acceptées dans leur principe. Leur attribution reste toutefois conditionnée à l’examen préalable des actes de nomination par une commission dédiée, dont les travaux doivent aboutir au plus tard fin février 2026.
Contractuels et statut particulier : des dossiers encore ouverts
Le sort des enseignants contractuels, en particulier ceux de la zone spéciale de Conakry, est partiellement balisé. Une commission tripartite examinera les listes issues de la biométrie et des évaluations pratiques, avec un délai maximal de deux mois pour statuer. Les enseignants ayant obtenu la moyenne seront prioritaires lors des prochains engagements.
En parallèle, les discussions sur la révision du statut particulier de l’enseignement pré-universitaire et technique reprendront en février 2026. D’ici là, les autres points du mémorandum syndical sont suspendus.
Une accalmie attendue, sous surveillance
En signant ce protocole, gouvernement et syndicats affichent leur volonté de tourner la page d’une crise sociale aux lourdes conséquences pour les élèves et leurs familles. Reste désormais l’épreuve de la mise en œuvre, dans un secteur où les engagements passés ont souvent peiné à se traduire en actes concrets.
Laguinee.info







