À l’approche de la fin de la campagne électorale en République centrafricaine, le climat politique se tend. Plusieurs figures de l’opposition accusent le pouvoir en place d’entraves graves à leurs activités de terrain, des accusations que le parti présidentiel rejette catégoriquement.
Parmi les faits dénoncés, George Dologuélé affirme avoir été interdit de tenir un meeting au stade de Bouar, une localité stratégique de l’ouest du pays. De son côté, l’ancien Premier ministre et opposant Henri-Marie Dondra dit avoir été empêché de se rendre en régions pour présenter son programme politique.
Selon Henri-Marie Dondra, un avion qu’il avait réservé et pour lequel les frais avaient été payés lui a été refusé au dernier moment. « Il m’a été rétorqué que l’avion a été effectivement bloqué par les militaires de la présidence. Donc on m’a empêché d’utiliser un avion que j’avais déjà réservé et pour lequel j’avais payé les frais. Donc pour moi c’est une entrave, c’est un blocage à ma campagne », a-t-il déclaré selon africaines.com.
Face à ces accusations, le Mouvement Cœurs Unis (MCU), parti présidentiel, parle de dénonciations sans fondement. Son porte-parole, Evariste Ngamana, rejette toute responsabilité du pouvoir dans ces incidents. « Ces accusations sont fallacieuses, sans fondement. Demandez à l’opposition d’apporter les preuves de leur fondement », a-t-il soutenu, qualifiant ces sorties de fuite en avant.
Pour l’analyste politique Crescent Beninga cité par notre source, les difficultés rencontrées par l’opposition s’expliquent aussi par des contraintes structurelles, notamment financières. Il estime que les candidats opposés au président sortant ne disposent pas des mêmes moyens logistiques pour mener campagne sur l’ensemble du territoire. « Les candidats n’ont pas pu avoir la chance, comme le président sortant, d’avoir des aéronefs qui leur permettent de battre campagne dans les grandes villes. À partir de ce moment-là, leur projet n’est pas véritablement connu dans l’arrière-pays », analyse-t-il.
Crescent Beninga souligne également les limites de la campagne numérique dans un pays où l’accès à Internet reste inégal. « Même s’ils peuvent battre campagne sur les réseaux sociaux, ce n’est pas évident, parce que dans l’arrière-pays se pose un réel problème de connexion », ajoute-t-il.
À quelques jours du scrutin, la tension monte aussi bien dans la capitale que dans les provinces. Dans ce contexte, les appels se multiplient en faveur d’un processus électoral apaisé, transparent et inclusif, afin d’éviter toute escalade susceptible de fragiliser davantage le climat politique et social du pays.
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