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Guinée : des organisations dénoncent la censure en ligne à l’approche de la présidentielle

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À quelques jours de l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025, des organisations de défense des droits humains et des médias tirent la sonnette d’alarme sur la recrudescence des restrictions de l’espace numérique en Guinée. Dans une déclaration rendue publique à Conakry, en marge du Forum national sur les droits numériques, elles dénoncent des pratiques de censure qu’elles jugent contraires aux engagements nationaux et internationaux du pays.

Réunies au sein de la Coordination des Organisations de Défense des Droits Humains (CODDH), aux côtés d’organisations médiatiques comme Presse Solidaire et le SPPG, les signataires affirment documenter depuis 2020 des coupures totales ou partielles d’Internet ainsi que des blocages ciblés des réseaux sociaux. Selon elles, ces restrictions surviennent de manière récurrente, en particulier lors des périodes électorales et de mobilisation citoyenne.

Les organisations indiquent qu’à l’approche du scrutin présidentiel du 28 décembre 2025, de nouvelles limitations de l’accès à Internet et aux réseaux sociaux ont été constatées. Elles estiment que ces mesures portent atteinte au droit des citoyens à l’information et à leur participation démocratique.

Quatre épisodes de coupures recensés depuis 2020

La déclaration rappelle que la Guinée a connu, depuis 2020, au moins quatre épisodes majeurs de coupures d’Internet et de restrictions des réseaux sociaux, y compris lors de moments clés de la vie nationale. Le cas le plus récent remonte au référendum du 21 septembre 2025, période durant laquelle des millions d’usagers auraient été affectés, limitant l’accès à une information jugée cruciale.

Souvent justifiées par les autorités au nom de la sécurité nationale ou du maintien de l’ordre public, ces restrictions sont qualifiées d’illégitimes par les organisations signataires. Elles soulignent que ces pratiques entravent le travail des journalistes, blogueurs et observateurs électoraux, perturbent la circulation de l’information autour des scrutins et réduisent la participation citoyenne, notamment celle des jeunes.

Rappels juridiques et engagements internationaux

Les signataires rappellent que l’article 19 de la Constitution guinéenne garantit la liberté d’expression à tous les citoyens. Ils évoquent également les engagements internationaux de la Guinée, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui consacrent la liberté d’expression, d’opinion et le droit à l’information.

Selon les organisations, les restrictions numériques ne permettent pas de prévenir les crises. Elles favoriseraient au contraire la désinformation et la propagation des discours de haine. Le maintien d’un accès libre et continu à Internet, en particulier en période électorale, est présenté comme un facteur clé de transparence des scrutins, de crédibilité du processus électoral et de stabilité sociale.

Impact sur l’économie et l’éducation

Au-delà des enjeux politiques, la déclaration met en avant les conséquences économiques et sociales des coupures d’Internet. Les secteurs de l’éducation, des start-up et des petites et moyennes entreprises, de plus en plus dépendants du numérique, seraient directement affectés par ces restrictions répétées.

Des appels adressés aux autorités

Face à ce qu’elles décrivent comme une situation préoccupante, les organisations appellent les autorités guinéennes à mettre fin à toutes les formes de restrictions en ligne contraires aux droits humains et nuisibles à une économie numérique encore émergente. Elles demandent un engagement public en faveur de la continuité de l’accès à Internet et aux réseaux sociaux avant, pendant et après les échéances électorales.

Elles exhortent également l’État à appliquer les lignes directrices de la Déclaration africaine des droits et libertés de l’Internet afin d’aligner la Guinée sur les meilleures pratiques africaines et internationales. Enfin, elles rappellent que l’objectif légitime de sécurité publique ne doit pas se faire au détriment de l’exercice des libertés fondamentales des citoyens.

Laguinee.info

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