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Les citoyens ne sont plus dupes !

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La campagne pour l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 a été lancée depuis quelques jours et continue de parcourir chaque recoin de la Guinée. Les neuf candidats sillonnent villes et villages, multipliant les meetings et les rencontres avec la population. Chaque visite est un spectacle à part entière : estrades décorées, banderoles colorées, slogans scandés à tue-tête. Les promesses fusent dans toutes les directions, comme des feux d’artifice qui illumineraient le ciel… si seulement le ciel était le seul endroit où la magie pouvait opérer.

Partout dans le pays, des paroles impressionnantes sont prononcées. On annonce que la Guinée dépassera tel pays voisin, que certaines villes rivaliseront avec les plus grandes métropoles, que le pays sera un exemple économique et social pour le monde entier en quelques années seulement. Spectaculaire, n’est-ce pas ? Sauf qu’en parallèle, dans les rues de ces mêmes villes, des habitants attendent que l’électricité revienne après plusieurs heures de coupure, que l’eau potable coule enfin dans leurs robinets, que les routes soient réparées, que les écoles et hôpitaux soient fonctionnels. Le contraste entre les paroles et la réalité quotidienne est si grand qu’on pourrait croire à un numéro de magie… raté.

Dans le passé, cette logique de promesses grandioses n’était pas nouvelle. Sous l’ancien président Alpha Condé, des annonces spectaculaires avaient été faites. Kaleta devait transformer la Guinée en fournisseur d’électricité pour ses voisins. Des usines de biscuits et de cubes bouillon allaient surgir partout. Et chaque étudiant allait recevoir une tablette, comme par miracle. Mais la plupart de ces promesses sont restées lettre morte. Lors d’un Forum des étudiants au Palais du Peuple, ces manquements furent rappelés et le président de l’époque fut hué devant toutes les personnalités présentes. La leçon est simple : les promesses électorales ont une mémoire… et le peuple guinéen aussi.

Aujourd’hui, cette dynamique se répète. Tous les candidats, chacun à sa manière, promettent l’impossible. Certains parlent de dépasser Dubaï, d’autres de rivaliser avec des pays voisins, certains encore annoncent des miracles économiques et sociaux en quelques années seulement. Mais le citoyen guinéen a développé un radar très sensible. Il sait qu’une promesse sans plan concret ressemble souvent à un tour de magie raté. Et parfois, face à certaines annonces, il ne peut s’empêcher de sourire… jaune, de soupirer ou même de rire franchement.

L’ironie de la situation frappe tout observateur : des promesses spectaculaires alors que les besoins quotidiens sont simples et essentiels. L’électricité doit fonctionner, l’eau potable doit être accessible, les routes praticables, les écoles et hôpitaux opérationnels. Les citoyens savent que de grands discours ne remplacent pas les actes. Pourtant, chaque meeting semble être un concours de promesses les plus impressionnantes. Celui qui promet le plus haut et le plus loin espère peut-être séduire les foules. Mais le peuple guinéen n’est pas dupe.

Le comique involontaire est partout. Dire que la Guinée surpassera Dubaï, alors qu’un simple vent peut plonger un quartier entier dans le noir, relève presque du théâtre burlesque. Promettre que le pays dépassera un voisin en sept ans alors que certaines villes manquent de routes praticables et d’eau potable relève d’un humour involontaire. Mais derrière le rire se cache une vérité : les citoyens sont fatigués des illusions, des promesses irréalistes et des discours qui ne changent rien à leur vie quotidienne.

Dans les villages, c’est encore plus clair. Là où les routes sont des rivières de poussière pendant la saison sèche et des torrents de boue pendant la saison des pluies, où les enfants marchent des kilomètres pour aller à l’école et où les habitants attendent des heures pour un seau d’eau potable, les discours spectaculaires semblent décalés. Mais les habitants écoutent, rient parfois, et jugent. Chaque promesse est examinée à la lumière de la réalité quotidienne. Chaque mot est comparé avec l’expérience vécue.

La campagne actuelle mélange ironie, drame et comédie. Les citoyens observent, notent et comparent. Chaque promesse non tenue dans le passé est un rappel que les mots seuls ne suffisent pas. Chaque discours spectaculaire est enregistré dans la mémoire collective, souvent accompagné d’un sourire ironique ou d’un soupir exaspéré. Le peuple guinéen sait rire, réfléchir, ironiser… et dramatiser les situations absurdes.

L’humour devient un outil de survie et de discernement. Quand un candidat promet des miracles économiques en quelques années, certains habitants échangent des regards complices et murmurent : « Et notre électricité dans tout ça ? » ou « Et les routes ? Et l’eau ? » Ces murmures ne sont pas des critiques vaines, mais des rappels que la vie quotidienne est plus concrète que les discours spectaculaires.

La vigilance est donc de mise. La population ne demande pas des comparaisons extravagantes ni des promesses spectaculaires. Elle attend des actes visibles et mesurables. L’électricité doit fonctionner, l’eau doit être accessible, les routes praticables, les écoles et hôpitaux opérationnels, et des emplois doivent être créés. Les promesses creuses affaiblissent la confiance et retardent le progrès.

Chaque citoyen observe, compare et juge. La mémoire collective guinéenne est longue. Les illusions électorales répétées ont déjà érodé la confiance. Les citoyens ont appris à distinguer les beaux mots des actes. Les discours spectaculaires peuvent faire rêver un instant, provoquer un rire ou un haussement de sourcils, mais ils ne suffisent plus.

La campagne présidentielle de 2025 est donc un test pour tous. Un test de sincérité, de cohérence et de crédibilité. Les citoyens attendent de voir les promesses se traduire en résultats concrets. Les discours spectaculaires, même drôles ou ironiques, ne suffisent plus à convaincre. Les actions sont désormais le critère de jugement principal.

Le temps des illusions est terminé. Les citoyens guinéens veulent voir des résultats tangibles : que l’électricité fonctionne, que l’eau soit disponible, que les écoles et hôpitaux soient opérationnels, que les routes soient praticables et que des emplois soient créés. Les promesses creuses peuvent faire sourire, mais elles ne suffisent plus.

Après le 28 décembre 2025, ce qui restera dans la mémoire collective ne sera pas le plus beau discours, la comparaison la plus extravagante ou la promesse la plus spectaculaire, mais les réalisations concrètes et utiles à tous. Tous les candidats seront jugés sur leurs actes et non sur leurs mots. Et le peuple guinéen, patient mais attentif, saura rire, réfléchir, ironiser… et rappeler, au moment venu, que les promesses sans actes ne sont que des illusions.

 

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