Réunis à Abuja le 14 décembre 2025, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont arrêté une série de conclusions structurantes, à la fois politiques, sécuritaires et institutionnelles, à l’issue de leur 68ᵉ sommet ordinaire. Ces décisions traduisent une volonté commune de resserrer les rangs face aux crises et de redonner une perspective à l’intégration régionale.
Tolérance zéro réaffirmée face aux coups d’État
Les dirigeants ouest-africains ont unanimement réitéré leur rejet catégorique des changements anticonstitutionnels de gouvernement. Le sommet a confirmé que les coups d’État militaires constituent un recul démocratique et un facteur d’instabilité durable. La réaction rapide de la Cédéao lors de la tentative de putsch au Bénin a été présentée comme un précédent illustrant cette doctrine de fermeté, appelée à s’appliquer de manière systématique dans l’espace communautaire.
Exigence d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau
Le sommet a rejeté le programme de transition proposé par la junte au pouvoir à Bissau. Les chefs d’État ont exigé la mise en place d’une transition courte, inclusive et crédible, associant largement les forces politiques nationales. Ils ont également demandé la libération immédiate des prisonniers politiques et des membres de la société civile détenus depuis l’interruption du processus électoral. La possibilité de sanctions ciblées contre les acteurs entravant ces exigences a été explicitement évoquée.
Déploiement d’une mission de haut niveau à Bissau
Afin de suivre l’application de ses décisions, la Cédéao a annoncé l’envoi prochain d’une mission de haut niveau en Guinée-Bissau. Cette délégation aura pour mandat d’échanger avec les autorités de facto et les acteurs politiques afin d’évaluer les conditions d’un retour effectif à l’ordre constitutionnel.
Priorité renforcée à la lutte contre le terrorisme
Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs zones de la région, le sommet a confirmé que la lutte contre le terrorisme demeure une priorité stratégique. Les chefs d’État ont salué les progrès enregistrés par les ministres des Finances et de la Défense en vue de la création d’une brigade antiterroriste régionale de 1 650 hommes, dont le déploiement est envisagé d’ici à la fin de l’année 2026, sur la base d’un mécanisme de financement durable.
Approche globale sécurité–gouvernance–développement
Les dirigeants ont insisté sur la nécessité de ne pas dissocier les réponses sécuritaires des enjeux de gouvernance, d’éducation et de création d’emplois. Cette approche intégrée est présentée comme une condition essentielle pour contenir durablement l’extrémisme violent et prévenir les crises politiques récurrentes.
Relance de l’agenda d’intégration régionale
Malgré un contexte institutionnel fragilisé par le départ de trois États membres fondateurs, le sommet a réaffirmé l’engagement des pays restants à consolider la Cédéao. Les chefs d’État ont souligné l’importance de préserver la cohésion de l’organisation et de renforcer ses mécanismes de décision et d’intervention.
Cap maintenu sur la monnaie unique en 2027
Enfin, le sommet a confirmé l’objectif du lancement d’une monnaie unique de la Cédéao à l’horizon 2027. Le Sénégal jouera un rôle clé dans la préparation de ce chantier, avec la prise de fonctions prochaine d’un ressortissant sénégalais à la tête de la Commission de la Cédéao à partir de juillet 2026.
À travers ces conclusions, la Cédéao affiche une volonté de fermeté politique, de renforcement sécuritaire et de relance de l’intégration régionale, dans un environnement ouest-africain marqué par de fortes incertitudes.
Laguinee.info







