Poursuivi pour des faits présumés de corruption, détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances sous le régime d’Alpha Condé, Mamady Camara, a comparu ce lundi 15 décembre 2025 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Selon l’accusation, près de 80 milliards de francs guinéens auraient disparu des caisses du ministère entre 2011 et 2022. L’audience de ce jour devait être consacrée à la présentation de la contre-expertise de l’exécution budgétaire pour la période 2018-2021, correspondant au début de la transition sous le président Mamadi Doumbouya.
Mais la séance s’est ouverte en l’absence de la partie civile, représentée par l’Agent judiciaire de l’État. En revanche, le prévenu et ses avocats étaient présents à l’audience.
Interpellé par le président de la cour, le parquet général a expliqué que le cabinet d’expertise retenu pour la contre-expertise attend toujours une rencontre avec les avocats de la défense afin de discuter de certains aspects pratiques, notamment la question des honoraires. Le procureur a précisé que le prévenu ne se serait jamais présenté à ces discussions, suggérant qu’une rencontre tripartite entre le cabinet, le parquet et la défense permette de « s’accorder sur quelque chose ».
La défense a immédiatement contesté cette version. L’un des avocats de Mamady Camara a assuré que son client ne s’oppose pas au paiement des honoraires, mais estime que ceux-ci doivent être fixés sur la base du contenu réel du dossier. Or, selon lui, le cabinet d’expertise n’aurait pas encore reçu l’ensemble des pièces nécessaires, mais uniquement l’ordonnance de désignation.
Face à ce blocage persistant, le président de la CRIEF, le juge Yacouba Condé, a exprimé son inquiétude quant au retard accusé par la procédure. Il a exhorté le parquet à prendre ses responsabilités et à contacter le cabinet d’expertise dès ce jour afin de lever les obstacles et faire avancer concrètement le dossier.
Estimant que l’affaire est restée trop longtemps bloquée à cette étape préliminaire, la cour a décidé de renvoyer le dossier afin de permettre la tenue des discussions, l’étude complète des pièces et la production du rapport de contre-expertise.
L’affaire a ainsi été renvoyée au 9 février 2026. À cette date, la CRIEF attend le dépôt effectif du rapport de contre-expertise ainsi que la comparution de la partie civile.
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