Au cœur des débats qui ont récemment secoué le système éducatif guinéen, le statut particulier des enseignants suscite de nombreuses interrogations. Invité de l’émission « Heure du Bilan » sur la RTG, le ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Jean Paul Cedy, est revenu sur cette mesure, destinée selon lui à sécuriser et valoriser la profession.
Le ministre a d’abord clarifié l’origine du projet. Contrairement à certaines perceptions, le statut particulier n’est pas une revendication des syndicats, mais une initiative des ministères de l’Enseignement. « Les statuts dont on parle tant actuellement, ce n’est pas une demande des enseignants, c’est une demande sectorielle des ministères. Même si c’est perçu comme un combat syndical, il s’agit avant tout d’un cadre structurant pour la profession », a-t-il expliqué.
Jean Paul Cedy insiste sur le fait que le débat public se concentre trop souvent sur la question salariale, alors que le statut va bien au-delà de l’argent. Il s’agit notamment de garantir une sécurité professionnelle, de créer des perspectives de carrière claires et de rendre le métier plus attractif. « Aujourd’hui, peu de jeunes choisissent d’enseigner. Dans trois ou quatre ans, ce corps de métier pourrait disparaître sans des mesures fortes », a averti le ministre.
Pour éviter une mise en œuvre précipitée, le ministre appelle à la patience et à la concertation. « Le statut doit être réfléchi et solide, il ne doit pas être adopté dans la précipitation », a-t-il souligné.
Dans ce contexte, les négociations entre le gouvernement et les syndicats se poursuivent depuis le 11 décembre, dans l’objectif de trouver un compromis rapide et de permettre la reprise normale des cours sur tout le territoire. Le statut particulier apparaît ainsi comme un outil stratégique pour moderniser l’enseignement guinéen et renforcer la valeur du métier d’enseignant.
Laguinee.info





