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Guinée-Bissau : Emballo sous pression à Brazzaville, tension croissante autour de la publication des résultats

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De nouvelles révélations issues de Confidentiel Afrique éclairent les heures ayant précédé et suivi ce que l’hebdomadaire qualifie de « coup d’État cérémonial » en Guinée-Bissau. Selon les informations recueillies par le média, l’ancien président Umaro Sissoco Emballo, exfiltré successivement vers Dakar puis Brazzaville, continuerait à exercer une forte pression sur les militaires à Bissau pour empêcher la publication des résultats des élections présidentielle et législative.

Exfiltration express et réunions secrètes

La première alerte est venue d’une série de rencontres discrètes entre Umaro Sissoco Emballo et plusieurs généraux, signalées par Confidentiel Afrique la veille de la proclamation attendue des résultats. Ces réunions, tenues au palais et à l’état-major, auraient réuni notamment le général N’Tam Horta, aujourd’hui présenté comme l’homme fort de Bissau.

Deux jours avant ces rencontres, un vol privé en provenance du Venezuela aurait atterri à Bissau avec deux mallettes remplies d’argent. Les sources citées par Confidentiel Afrique évoquent 4 milliards de francs CFA, soit environ 6 millions d’euros, qui auraient été mis à disposition pour convaincre des officiers supérieurs. Plusieurs responsables militaires auraient reçu chacun 300 millions de francs CFA, présentés comme une « prime » liée à la remise en cause du processus électoral qui donnait largement vainqueur le candidat indépendant Fernando Dias da Costa.

Dans le même temps, l’ancien président aurait bénéficié d’une double exfiltration. Après un passage bref et tendu à Dakar, il a été transporté vers Brazzaville à bord d’un vol spécial de la compagnie Afrijet, affrété par le président congolais Denis Sassou N’Guesso. Confidentiel Afrique souligne que Dakar n’aurait accepté d’accueillir temporairement Emballo qu’à la demande du président congolais, malgré de fortes réticences internes, notamment celles du Premier ministre Ousmane Sonko.

Selon l’hebdomadaire, les dirigeants du Angola et de la Turquie n’auraient pas donné suite aux tentatives de contact d’Emballo. L’ambassadeur de Guinée-Bissau à Dakar aurait également quitté sa résidence sans avoir pu le rencontrer.

Pressions sur la Commission électorale

Depuis Brazzaville, note Confidentiel Afrique, Umaro Sissoco Emballo aurait poursuivi ses interventions à distance. Le 1er décembre, il aurait multiplié les appels au président de la Commission électorale nationale (CNE), N’pabi Cabi, qui aurait refusé de lui répondre. Cette situation aurait conduit des militaires lourdement armés à se rendre à son domicile pour lui ordonner d’annuler les élections.

Toujours selon le média, N’pabi Cabi, qui disposerait de l’ensemble des procès-verbaux confirmant une victoire au premier tour de Fernando Dias da Costa, aurait contacté dans la nuit l’activiste Gervasio Sylvain Lopes, affirmant craindre pour sa sécurité et celle de sa famille.

Séquestration d’un député de la CEDEAO

La crise a pris une tournure plus ouverte ce mardi matin. Le député Marciano Indi, membre du Parlement de la CEDEAO, a été intercepté près de l’aéroport de Bissau alors qu’il s’apprêtait à voyager pour Abuja, selon Confidentiel Afrique. Il aurait été passé à tabac puis emmené de force par des miliciens fidèles à Emballo, dont une partie aurait été formée récemment par des forces spéciales congolaises.

Agacement croissant à Brazzaville

À Brazzaville, l’attitude de l’ancien président commencerait à susciter des tensions. Le journal rapporte que plusieurs conseillers du président Sassou N’Guesso se seraient déjà distancés d’Emballo, qualifié de personnage « fourbe » et au comportement jugé « inélégant ». Une visite prévue à Oyo, village natal du président congolais, aurait été discrètement reportée.

Des sources citées par Confidentiel Afrique évoquent également la présence à Brazzaville de l’ancien président guinéen Alpha Condé et de l’homme d’affaires malien Ousmane Yara, deux personnalités qui auraient joué un rôle dans l’organisation de l’exfiltration depuis Dakar. L’hebdomadaire s’interroge sur les intentions du trio Sassou-Condé-Yara face à une crise désormais régionale.

Laguinee.info

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