La crise ouverte dans le secteur de l’éducation a connu un tournant décisif dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 décembre 2025. Dix-huit heures de discussions ont été nécessaires pour arracher un compromis que les deux camps qualifient de « responsable », mais qui laisse entrevoir l’ampleur des frustrations accumulées ces derniers mois. Le protocole d’accord signé ne met pas fin au débat : il le décale à février 2026. Mais il apporte des réponses immédiates à plusieurs revendications.
Une concession majeure : les primes revalorisées
C’est le point qui a le plus pesé dans la balance. Les syndicats demandaient une reconnaissance financière réelle du travail enseignant. Le gouvernement a fini par céder sur une revalorisation progressive :
Prime de préparation portée de 100 000 GNF à 500 000 GNF, en deux étapes ;
Prime de craie rehaussée de 125 000 GNF à 500 000 GNF, selon le même calendrier.
La décision s’inscrit dans un contexte où les enseignants dénonçaient depuis plusieurs années l’écart entre leurs charges quotidiennes et les compensations accordées. L’État demande désormais aux structures déconcentrées (IRE, DPE, DCE, chefs d’établissements) de transmettre rapidement les listes des bénéficiaires afin d’éviter les retards et contestations qui ont souvent parasité les précédentes revalorisations.
Le statut particulier, un chantier renvoyé à 2026
Le retrait du SNAESURS avait compliqué le processus. Pour relancer le travail, les deux camps ont convenu d’installer une Commission technique bipartite chargée de poursuivre la révision du statut particulier de l’enseignement pré-universitaire et technique. Les discussions reprendront en février 2026, signe que la question reste sensible.
Ce chantier englobe tous les points financiers non réglés aujourd’hui. Autrement dit, le compromis trouvé n’est qu’une étape.
Le dossier des salaires bloqués
Les enseignants concernés par les blocages de juillet–août 2025, ainsi que ceux touchés depuis décembre 2023, constituent un autre foyer de tension. Une Commission DGFP–IGAP–syndicats devra analyser les dossiers et procéder aux régularisations avant fin décembre. La réouverture de la plateforme FUGAS vise à fluidifier ce processus, même si les délais risquent de mettre les services administratifs sous pression.
Reclassements : un engagement daté
La prise en charge des arrêtés de reclassement des admis aux examens professionnels de 2017 est annoncée pour janvier 2026. Les syndicats y voient une réparation tardive, mais essentielle, dans un système où les promotions stagnantes ont nourri un profond sentiment d’injustice.
Les contractuels renvoyés au principe du concours
Le gouvernement reste ferme : pas d’intégration automatique. Les contractuels devront s’enregistrer dans les comptes du ministère avant de participer aux concours. Les syndicats sont invités à accompagner ce processus, une position qui ne répond pas entièrement aux attentes de ceux qui réclamaient une régularisation directe.
Une trêve fragile
Si les deux parties saluent la « responsabilité » des discussions, le report des dossiers les plus lourds à février 2026 laisse planer l’incertitude. L’accord suspend la grève, mais le climat social demeure tendu, alimenté par plusieurs années de promesses non tenues.
Pour l’heure, enseignants et autorités s’accordent sur une nécessité : maintenir le dialogue. Reste à voir si cette trêve suffira à éviter un nouveau blocage lorsque les discussions reprendront dans deux mois.
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