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Guinée forestière : un an après le drame du stade de N’Zérékoré, les défenseurs des droits humains dénoncent l’inaction de la justice

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Un an après la tragédie du 1ᵉʳ décembre 2024 au stade du 3 Avril de N’Zérékoré, le Collectif des organisations de défense des droits de l’homme de la Guinée forestière tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans une déclaration publiée ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025, le collectif rappelle que « plus d’une centaine de nos concitoyens y ont perdu la vie, plusieurs autres personnes portées disparues, des blessés et des dégâts matériels importants ont été enregistrés » lors du tournoi de football doté du trophée du général Mamadi Doumbouya.

Dès le début du document, les organisations s’appuient sur l’article 11 de la Constitution du 21 septembre 2025, qui stipule que « toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, dans un délai raisonnable, par une juridiction compétente et indépendante ». Cette référence sert de point d’ancrage à leur dénonciation d’une justice qu’elles jugent silencieuse et inactive.

Une plainte restée sans suite

Le collectif rappelle avoir déposé, le 10 mars 2025, une plainte pour « meurtre, homicide involontaire, coups et blessures volontaires, recel de cadavre » contre les organisateurs du tournoi et leurs présumés complices. Selon les organisations, « le procureur de la République près le tribunal de première instance de Nzérékoré n’a donné aucune suite à cette plainte ». La même requête introduite auprès du procureur général près la Cour d’appel de Kankan serait, elle aussi, restée sans réponse.

Face à ce blocage, les victimes ont été contraintes de saisir le juge d’instruction du tribunal de N’Zérékoré en se constituant partie civile, versant une caution de 20 millions de francs guinéens, une somme réunie « grâce aux heureux donateurs et personnes compatissantes ». Mais là encore, le collectif déplore que « aucune diligence sérieuse n’est encore entreprise pour interpeller les présumés auteurs et leurs complices », alors que le drame remonte maintenant à un an.

Un sentiment d’amertume et d’indignation

Dans leur déclaration, les organisations disent exprimer « [leur] amertume et [leur] indignation face au laxisme dans la gestion de ce dossier », pointant du doigt le ministère de la Justice à travers le procureur général de Kankan et le procureur de la République de N’Zérékoré. Pour les signataires, l’attitude des autorités judiciaires contredit les principes constitutionnels censés garantir un accès égal et rapide à la justice.

Un appel à l’action

Le collectif « condamne fermement cet état de fait » et exhorte le procureur de la République de N’Zérékoré, en tant que « gardien incontestable de la loi et garant de l’ordre public », à engager des poursuites contre les présumés responsables du drame. Selon les organisations, une action judiciaire sérieuse constituerait « l’incarnation d’une justice équitable et effective dans l’intérêt de tous les citoyens pour une paix durable et harmonieuse en Guinée ».

Un message de clôture ancré dans la mémoire collective

Le texte, daté du 1ᵉʳ décembre 2025 et signé par le Collectif des organisations de défense des droits de l’homme de la Guinée forestière, se veut à la fois un rappel de mémoire et un appel à rompre avec ce qu’il présente comme une routine de l’impunité. Pour les associations, seule une action judiciaire transparente permettra aux familles endeuillées d’obtenir vérité, réparation et justice.

Laguinee.info

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