Le ministre guinéen de la Justice et des Droits de l’homme, Yaya Kaïraba Kaba, s’est exprimé sur la recrudescence des violences faites aux femmes et aux filles en Guinée, notamment celles commises à travers le numérique. Il a regretté le faible niveau de signalement des abus et a appelé à une mobilisation collective.
Dès le début de son intervention, le ministre a présenté des statistiques de la Banque mondiale concernant les dispositifs législatifs dans le monde. Selon ces données, « moins de 40 % des pays disposent de lois protégeant les femmes contre le harcèlement ou la traque en ligne », a-t-il indiqué, soulignant que « ce qui commence en ligne ne reste pas en ligne ».
Yaya Kaïraba Kaba a également relevé une augmentation des violences via les outils numériques. Selon lui, ces actes créent un climat de peur et réduisent les victimes au silence. Il a affirmé que « la violence numérique se prolonge et se propage dans la vie réelle, où elle sème la peur, réduisant les victimes au silence et, dans les cas les plus graves, donnant lieu à des violences physiques et à des féminicides ».
Le ministre a déploré l’insuffisance des dénonciations des abus commis en ligne, en particulier sur les réseaux sociaux. Il a également évoqué la responsabilité des plateformes numériques, estimant que « les signalements des abus et des violences en ligne restent largement insuffisants. Les systèmes judiciaires sont mal préparés et les plateformes technologiques assument peu leur responsabilité ».
Rappelant l’importance de la campagne d’activisme de cette année, il a affirmé que celle-ci doit encourager une action mondiale. Le ministre a assuré que la République de Guinée entend participer pleinement à cette mobilisation. Il a précisé que cette campagne ne concerne pas uniquement les gouvernements, mais aussi chaque individu, dans son cadre de vie ou de travail, pour contribuer à sensibiliser sur les violences numériques contre les femmes et les filles.
IAC, pour laguinee.info.







