En Guinée, la carte nationale d’identité biométrique devait être gratuite à la première demande. C’est ce que garantit le décret D/2025/021/PRG/CNRD/SGG du 2 février 2025. Mais le constat du Conseil national de la transition (CNT) est préoccupant : la mesure, pourtant financée par l’État, est massivement contournée sur le terrain.
Dans son rapport budgétaire, le CNT relève une situation devenue incontrôlable. « Malgré la gratuité prévue et la prise en charge totale des coûts, la disposition n’est pas appliquée dans les faits », alerte l’institution. La divergence entre la loi et la pratique s’élargit dangereusement.
Délais interminables, paiements imposés : un système à la dérive
Les retards de délivrance s’accumulent, parfois pendant des mois, plongeant les citoyens dans l’incertitude. Le CNT juge ces lenteurs suffisamment graves pour alimenter des comportements déviants. « Certains agents n’hésitent pas à réclamer des montants abusifs », signale-t-il.
Ces pratiques illégales se généralisent au point de transformer la carte d’identité, document vital, en source de frustration et de suspicion.
Le CNT demande une intervention urgente
Face à ces dérives, le CNT appelle le Gouvernement à agir sans délai. L’institution demande au ministère de la Sécurité et de la Protection civile d’imposer l’application stricte du décret sur l’ensemble du territoire national. Objectif : stopper les abus, rétablir la gratuité, et restaurer la confiance dans le circuit officiel.
Selon le CNT, ne pas intervenir rapidement reviendrait à laisser s’enraciner un dysfonctionnement majeur touchant l’un des documents administratifs les plus essentiels du pays.
Laguinee.info







