Avec l’entrée officielle du Projet Simandou dans sa phase opérationnelle, l’enthousiasme est palpable. « Et donc, c’est parti pour le Projet Simandou ! », lance Fodé Tass Sylla, ancien responsable de la RTG, qui voit dans cette étape un moment décisif pour imaginer l’avenir économique du pays. Dans un contexte d’euphorie nationale, il propose d’élargir la réflexion et de bâtir une vision structurante autour du corridor minier.
Dès le départ, il insiste sur la nécessité de penser au-delà du strict cadre minier. « L’urgence est de lancer, dès maintenant, la construction d’une autoroute 2×4 voies, le long du corridor ferroviaire », affirme-t-il. Il imagine une infrastructure moderne, capable d’accompagner le développement du rail et, à long terme, de se prolonger vers Kourémalé, Bamako et pourquoi pas Ouagadougou ? Une perspective qui, selon lui, renforcerait l’intégration sous-régionale et ouvrirait des flux commerciaux majeurs.
M. Sylla décrit également un axe pensé comme un véritable moteur économique. « Le long de ce corridor ferroviaire et routier, il faudrait prévoir qu’à chaque 20 km, des entreprises agricoles et agro-industrielles puissent couvrir, des deux côtés de la voie, des centaines d’hectares cultivés », propose-t-il. Il évoque une mosaïque de cultures, ananas, bananes, palmiers à huile, hévéa, café, pommes, cocotiers, blé, riz, fonio, sorgho, maraîchage, associée à des étangs piscicoles, des porcheries et des élevages de volailles. Une agriculture intensive, diversifiée, pensée pour créer des pôles de production tout le long du corridor.
À cette vision agricole, il ajoute une exigence industrielle claire : « Chacune de ces plantations devrait être équipée non seulement d’espaces frigorifiques de conservation, mais aussi et surtout d’installations industrielles de transformation de la production agricole en produits labellisés. » Pour lui, la Guinée doit s’orienter vers la transformation locale afin d’accroître la valeur ajoutée et réduire sa dépendance extérieure.
L’ancien responsable de la RTG estime également que le développement du corridor doit profiter à l’ensemble du territoire. Il plaide pour que « toutes les villes et grosses agglomérations du pays soient connectées à cette autoroute et à la voie ferroviaire », afin de faciliter la mobilité des populations et l’évacuation rapide de la production agricole et animalière vers les centres industriels et les zones d’exportation.
Pour lui, cette approche intégrée pourrait devenir l’un des piliers d’une croissance durable. « Ce serait là, à mon humble avis, l’un des déclics essentiels qui propulserait l’économie guinéenne à partir du projet minier de Simandou. Et c’est une garantie infinie pour l’après-mine. »
Il présente sa contribution comme une invitation à repenser le potentiel du projet, convaincu que la réussite de Simandou ne se mesurera pas seulement à la quantité de minerai extrait, mais à la capacité du pays à saisir les « immenses et multiples opportunités » qu’il ouvre.
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