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Simandou 2040 : colère et désillusion parmi les travailleurs du chantier de Senguelein

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Lors du lancement officiel du projet Simandou 2040, ce mardi, au port de Senguelein, dans la sous-préfecture de Moribaya, plusieurs travailleurs ont profité de l’événement pour dénoncer leurs conditions de travail jugées précaires. Selon un journaliste de Laguinee.info présent sur les lieux, ces ouvriers, pour la plupart sans contrat formel, accusent leurs employeurs de pratiques abusives, de licenciements injustifiés et d’un manque criant de prise en charge en cas d’accident.

Alors que la foule était rassemblée pour acclamer le président Mamadi Doumbouya, des voix discordantes se sont fait entendre au milieu des applaudissements. Certains jeunes, employés sur le site, ont exprimé ouvertement leur colère. L’un d’eux, ayant requis l’anonymat, s’est confié :

« Ils nous licencient banalement. Le règlement qu’ils donnent aussi, c’est 2 millions après une année et quelques de travail. Qu’est-ce que ces 2 millions peuvent faire dans ta vie ? Le salaire est trop petit. Tu peux faire 28 jours et quelques, tu prends 2 millions 600 mille. Tu vas faire 30 jours ici, tu n’auras pas 3 millions FG. Avec le nom de Simandou, les gens pensent qu’on est bien payés, mais nous qui sommes là, nous savons de quoi nous vivons. »

Ces témoignages traduisent une profonde frustration au sein des équipes déployées sur le terrain. Plusieurs travailleurs affirment ne bénéficier d’aucune couverture médicale, même en cas de maladie ou d’accident de travail.

« Quand tu tombes malade ici, on te donne juste du diclofénac et du paracétamol », raconte un autre ouvrier.

Un employé évoque également un incident survenu dans le camp permanent :

« Un travailleur est tombé dans l’exercice de ses fonctions. Ils n’ont rien fait, sauf le premier jour où ils sont venus voir et assister un peu. Le reste, s’il meurt ou pas, ce n’est pas leur affaire. »

Un autre ajoute :

« Un de nos amis a fait un accident ici, aucune prise en charge n’a été effectuée pour lui, sauf quand on s’est levés pour grever. »

Les travailleurs pointent du doigt des « agissements internes » au sein de la direction locale, qu’ils accusent d’être « derrière toutes les machinations au profit des gains ».

Ces plaintes illustrent un malaise plus profond touchant de nombreux employés du secteur minier en Guinée. Alors que le projet Simandou 2040 est présenté comme une vitrine du développement industriel national, la réalité du terrain semble bien différente pour ceux qui en assurent l’exécution.

 

De retour de Moribaya, IAC, pour Laguinee.info

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