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Présidentielle 2025 : au-delà des clans, le choix qui fera avancer la Guinée

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La Cour suprême a clos les débats. Neuf candidats sont désormais officiellement en lice pour la présidentielle du 28 décembre. Le verdict est tombé, les dés sont jetés. Mais au-delà des noms, des slogans et des couleurs politiques, une question essentielle demeure : les Guinéens sont-ils prêts, cette fois, à voter pour l’avenir du pays et non pour des intérêts ethniques, familiaux ou personnels ?

Depuis plus de soixante ans, la Guinée avance sans vraiment décoller. Les visages changent, les discours se ressemblent, et le peuple reste prisonnier d’un système où la loyauté tribale et la méfiance communautaire remplacent la réflexion et le sens critique. Chaque élection devient un champ de bataille d’appartenances, où l’on vote non pour un projet, mais pour “son frère”, “sa région”, “son ethnie”. Et pendant que les divisions se creusent, le pays s’enfonce dans la pauvreté, la frustration et la désillusion.

Le poids du passé, la peur du futur

Depuis l’indépendance, la Guinée n’a jamais réussi à construire un véritable sentiment national. Le tissu social, abîmé par les régimes successifs, a laissé place à une méfiance généralisée. On ne fait plus confiance aux institutions, aux partis, ni même aux promesses. On se replie sur son camp, espérant que “les siens” prendront enfin le pouvoir.

Mais à quoi bon conquérir le pouvoir si c’est pour gouverner contre les autres ? À quoi bon gagner une élection si le pays perd encore cinq ans dans les querelles et les règlements de comptes ?

La vérité, c’est que la Guinée ne manquera jamais de candidats. Ce qui lui manque, ce sont des citoyens capables de voter pour les bonnes raisons. Tant que le peuple choisira sur la base des émotions ou des appartenances, il reproduira les mêmes erreurs et récoltera les mêmes échecs.

Le vrai changement commence dans la tête

Changer la Guinée ne dépend pas d’un homme providentiel. Aucun président, aussi bien intentionné soit-il, ne pourra réussir si le peuple reste divisé et prisonnier de ses préjugés. Le vrai changement commence par un sursaut de conscience collective.

Il faut que chaque Guinéen se regarde dans le miroir et se pose cette question : « Qu’est-ce que moi, en tant que citoyen, je fais pour mon pays ? »

  • Refuser la corruption au quotidien, c’est servir la Guinée.
  • Refuser de vendre sa carte d’électeur, c’est servir la Guinée.
  • Refuser d’insulter, de menacer, de manipuler pour un parti, c’est servir la Guinée.
  • Exiger des candidats des programmes concrets, c’est servir la Guinée.

Le développement ne tombera pas du ciel. Il se construira avec des citoyens responsables, lucides, capables de juger les candidats sur leurs idées, leur intégrité, leur capacité à unir et à bâtir.

Juger sur les actes, pas sur les promesses

Chaque candidat promet de “changer le pays”, de “réformer l’État”, de “lutter contre la corruption”. Mais la Guinée n’a pas besoin de promesses : elle a besoin de preuves. Les électeurs doivent poser des questions simples :

Qu’a fait ce candidat là où il a déjà eu des responsabilités ?

Quelle est sa vision concrète pour l’éducation, la santé, l’emploi ?

Que propose-t-il pour la jeunesse rurale, pour les femmes, pour les régions oubliées ?

Comment compte-t-il garantir la justice et la sécurité pour tous ?

Tant que ces questions resteront sans réponses, le pays restera bloqué dans le cercle vicieux des illusions électorales.

L’unité nationale, la clé du développement

Aucune nation ne se développe dans la division. La Guinée regorge de richesses naturelles, de talents, de potentiels humains. Mais ces ressources ne serviront à rien si les Guinéens continuent à se regarder comme des adversaires.

Le jour où un Peul, un Malinké, un Soussou, un Forestier voteront non plus pour leur “frère”, mais pour leur avenir commun, ce jour-là, la Guinée aura fait sa vraie révolution.

La démocratie ne se limite pas au vote. Elle se nourrit de respect, de tolérance et de dialogue. La Guinée doit redevenir une maison commune, où chaque citoyen, quelle que soit son origine, se sent protégé et respecté.

L’heure du choix utile

Le 28 décembre, chaque électeur aura entre ses mains une parcelle du destin national. Le vote de chacun pèsera plus lourd que les discours. Il ne s’agira pas de choisir un camp, mais un cap.

Ce scrutin doit être celui de la maturité, du discernement et de la responsabilité. Car si cette élection échoue à réconcilier les Guinéens avec eux-mêmes, aucune autre ne le fera.

Ce pays a tant souffert qu’il mérite enfin un vote de raison, un vote de conscience, un vote d’espoir.

La Guinée ne se construira pas avec des promesses, mais avec la vérité. Et la vérité, c’est que tant que les Guinéens ne s’élèveront pas au-dessus de leurs clivages, aucune élection ne changera leur destin.

Le 28 décembre, il ne s’agira pas seulement d’élire un président. Il s’agira de savoir si la Guinée est prête à se choisir un avenir.

 

La Rédaction de www.laguinee.info 

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