Le lancement officiel du projet minier Simandou, l’un des plus vastes gisements de fer au monde, a eu lieu ce mardi sous la présidence du chef de l’État, Mamadi Doumbouya. La cérémonie, qui a rassemblé de nombreuses délégations diplomatiques et des partenaires internationaux, marque une étape majeure dans la relance économique du pays. Mais en marge de cet événement historique, des voix se sont élevées pour dénoncer des conditions de travail jugées précaires sur certains sites liés au projet, notamment à Moribaya.

Des plaintes sur les conditions de travail et la couverture sanitaire
Plusieurs employés rencontrés sur le site ont décrit un quotidien difficile, marqué par l’absence de couverture médicale et des conditions de vie peu favorables.
« À Moribaya, nous travaillons ici mais les conditions de vie ne sont pas favorables. Nous ne sommes pas bien traités en matière de médicaments. Une fois que tu es malade, les frais sont directement déduits de ton salaire. Nous avons beaucoup souffert pour avoir cet emploi », a confié un ouvrier, sous le couvert de l’anonymat.

Accusations de coupures salariales et de corruption
D’autres travailleurs ont évoqué des irrégularités dans le paiement des salaires. Certains affirment avoir subi des coupures importantes sans explication.
« Il y a trop de corruption au niveau des ressources humaines. Le mois passé, des collègues ont vu leur salaire réduit sans motif. Certains n’ont touché que 800 000 francs au lieu de plus de 3 millions. Les ressources humaines ne travaillent pas dans la transparence », a dénoncé un employé visiblement frustré.
Licenciements abusifs et absence de repos
Le manque de stabilité professionnelle et le non-respect du code du travail figurent aussi parmi les doléances exprimées. Des cas de licenciements jugés arbitraires et d’abus d’autorité ont été rapportés.
« Tu peux travailler tous les jours, et du jour au lendemain, le Chinois te dit que tu ne travailles plus. Il n’y a pas de travail garanti ici. Certains crient sur les travailleurs comme s’ils étaient des esclaves sur leur propre sol. Il n’y a pas de repos, alors que le code du travail prévoit des pauses », a déclaré un autre employé, dénonçant également une inégalité de traitement entre les travailleurs guinéens et les expatriés chinois.
Les syndicats pointés du doigt
Les critiques ont également visé certains responsables syndicaux accusés de passivité, voire de complicité.
« Les syndicalistes sont plus corrompus que les autres. Ils ne défendent pas les travailleurs. Dès que tu te plains, tu risques le licenciement. Quand on parle aux Chinois, ils se réfèrent aux syndicats, qui nient tout problème. Quand on te renvoie, il n’y a personne pour te défendre », a fustigé un autre intervenant.
Un appel à l’attention des autorités
Pour ces travailleurs, le projet Simandou, symbole de souveraineté économique et d’espoir national, devrait avant tout bénéficier aux Guinéens. Ils appellent les autorités à enquêter sur ces allégations et à faire respecter les droits fondamentaux des employés.
« Si ces problèmes ne sont pas pris en compte, cela risque d’affecter la réussite du projet », a averti un travailleur.
Ces témoignages contrastent avec l’ambiance festive du lancement du projet. Ils traduisent un malaise profond dans certains sites d’exploitation où les attentes restent fortes. Les autorités sont désormais interpellées pour veiller à ce que le projet Simandou, pilier du développement économique guinéen, soit aussi un modèle de justice sociale et de respect du droit du travail.
De retour de Moribaya, IAC, pour Laguinee.info







