La réaction de Cellou Dalein Diallo ne s’est pas fait attendre après l’officialisation de la candidature du général Mamadi Doumbouya à la présidentielle de 2025. Dans une adresse solennelle à la nation, le président de l’UFDG a dénoncé ce qu’il qualifie de “haute trahison”, estimant que le chef de la junte militaire a tourné le dos à ses propres engagements de transition démocratique.
Selon l’ancien Premier ministre, la Guinée vit désormais sous la coupe d’un “clan mafieux” qui a érigé la peur et la répression en mode de gouvernance. “Notre pays est dirigé de mains de fer par un groupe de prédateurs et un clan mafieux qui a instauré, pour se maintenir au pouvoir, un climat de terreur marqué par une violation massive des droits de l’homme et une restriction drastique des libertés publiques”, a-t-il déclaré.
Cellou Dalein Diallo accuse le pouvoir en place d’avoir orchestré “des assassinats ciblés, des disparitions forcées, des enlèvements nocturnes suivis de tortures, des emprisonnements arbitraires et des morts suspectes en détention”, autant de faits qu’il juge révélateurs d’un régime “sans foi ni loi”.
Face à cette situation, le leader de l’opposition estime que les Guinéens doivent se poser la question essentielle : “que faire pour arrêter cette folie liberticide et mettre fin à cette dictature féroce et impitoyable ?”
Pour lui, la réponse passe par la mobilisation citoyenne. “Considérons-nous désormais, où que nous nous trouvions, comme des soldats de la démocratie, engagés et mobilisés pour le salut national”, a-t-il lancé, invitant chaque Guinéen à se sentir concerné par la lutte contre ce qu’il appelle “le mensonge institutionnalisé et la confiscation du pouvoir par la ruse et la violence”.
Dans un ton grave, Cellou Dalein Diallo a rappelé les promesses non tenues de la junte : “Elle avait promis la refondation ; elle n’offre que larmes et désolations. Elle avait promis une transition démocratique ; elle se rend coupable de haute trahison.”
L’ancien Premier ministre conclut sur une mise en garde : “Notre peuple, aujourd’hui meurtri, opprimé, séquestré et dominé, fera payer le parjure par la puissance irrésistible de la volonté populaire.”
L’entrée en lice du général Mamadi Doumbouya, qui avait pourtant juré de ne pas briguer le pouvoir, rebat ainsi les cartes d’une présidentielle déjà sous tension. Le discours de Cellou Dalein sonne comme un appel à la résistance, mais aussi comme un avertissement : la bataille pour la démocratie en Guinée est loin d’être terminée.







