Dans une tribune au ton grave, l’ancien ministre sénégalais de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, tire la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire au Mali. Alors que les appels des chancelleries occidentales à quitter le pays se multiplient, il interpelle directement les dirigeants de la CEDEAO et de la Mauritanie : « N’attendez pas que Bamako tombe pour réagir. »
Pour l’ancien ministre, le Mali est aujourd’hui au bord du gouffre. Le blocus imposé par les groupes djihadistes, notamment autour de l’approvisionnement en carburant, vise selon lui à « étouffer Bamako, fragiliser son économie et affaiblir les Forces armées maliennes (FAMA) ».
Aly Ngouille Ndiaye redoute un scénario catastrophe : la chute de la capitale malienne. « Laisser Bamako tomber, c’est accepter qu’un nouvel Afghanistan s’installe à nos portes », avertit-il. Une telle situation, insiste-t-il, déstabiliserait l’ensemble de la sous-région, à l’exception de l’Algérie, qu’il considère comme le seul pays ayant réussi à éradiquer le jihadisme par la force et la politique.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, le Mali, le Niger et le Burkina Faso subissent une pression djihadiste continue. Selon lui, le silence de la CEDEAO, de la Mauritanie et de l’Union africaine face à la progression de cette menace est « incompréhensible ».
L’ancien ministre rappelle que la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée et la Côte d’Ivoire partagent plus de 4 000 km de frontières avec le Mali, des zones difficiles à sécuriser. Au-delà de l’aspect sécuritaire, il souligne l’enjeu économique : les ports de Dakar, Conakry et Abidjan dépendent en partie de la stabilité malienne pour leurs échanges commerciaux.
M.Ndiaye en appelle à la responsabilité des dirigeants régionaux, citant nommément le président ivoirien Alassane Ouattara, qu’il qualifie de doyen, et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, benjamin des chefs d’État de la sous-région.
Pour lui, il est urgent de relancer le dialogue entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), la CEDEAO et la Mauritanie, et d’activer la force d’attente régionale afin de faire face à la menace terroriste. « Le Sénégal, lié au Mali par l’histoire, la devise et plus de 500 km de frontières, ne peut rester spectateur », martèle-t-il.
Et de conclure par un proverbe évocateur : « Quand la case du voisin brûle, il faut agir avant que le feu n’atteigne la sienne. »
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