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Tanzanie : le régime Samia Suluhu à l’épreuve de la rue

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Le 30 octobre 2025 marque un tournant dans l’histoire politique de la Tanzanie. Pour la première fois depuis des décennies, les rues des principales villes, Dar es Salaam, Dodoma, Arusha et Mwanza, sont occupées par des chars de combat, véhicules blindés et brigades anti-émeutes. La présidente Samia Suluhu Hassan, confrontée à une contestation post-électorale massive, semble avoir choisi la force pour préserver son pouvoir.

 

Ce virage autoritaire s’inscrit dans une continuité historique. Sous John Magufuli, décédé en 2021, le pays avait déjà connu un renforcement du contrôle étatique, avec suppression des voix dissidentes, restrictions médiatiques et intimidation des opposants. Magufuli avait imposé un style de gouvernance centralisé, perçu par certains comme efficace sur le plan économique, mais critiqué pour sa répression politique. Samia Suluhu Hassan, qui avait suscité l’espoir d’un renouveau démocratique après sa succession, semble aujourd’hui emprunter une logique similaire avec militarisation des villes, coupure d’Internet, couvre-feu et arrestations ciblées.

L’arrestation de Tundu Lissu, figure emblématique de l’opposition, cristallise le mécontentement populaire. Dans les rues, les slogans traduisent une défiance claire envers le régime : « Samia, tu n’es pas notre choix », « Le peuple veut voter, pas se taire » ou « Libérez Lissu, libérez la Tanzanie ». La présidence tente de contrôler la contestation par la peur et le blackout numérique, mais cette stratégie semble renforcer la détermination des citoyens, qui ne demandent plus seulement des réformes, mais une rupture complète avec le système en place.

La comparaison avec les régimes précédents montre un paradoxe. Samia Suluhu Hassan, présentée initialement comme un souffle démocratique, s’inscrit désormais dans la continuité d’un modèle autoritaire. La militarisation du pouvoir, l’isolement médiatique et les restrictions politiques rappellent les heures sombres de l’histoire tanzanienne, où le maintien de l’ordre passait par la coercition plutôt que par le dialogue.

Le spectre d’un coup d’État militaire, longtemps considéré improbable, devient tangible. Fractures internes au sein des forces armées, tensions au sommet de l’État et montée de mouvements citoyens autonomes placent la Tanzanie dans une zone de turbulence historique. Chaque jour qui passe est désormais une bataille pour la souveraineté populaire, et le silence imposé par les armes ne suffit plus à étouffer l’appel à la justice et à la démocratie.

 

Laguinee.info

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