La Haute Autorité de la Communication (HAC) a célébré mercredi le 33ᵉ anniversaire de sa création autour du thème : « La régulation des réseaux sociaux en période électorale ». Une occasion de rendre hommage aux pionniers de la presse guinéenne et d’appeler à une réflexion collective sur les défis liés à l’exercice du journalisme à l’ère du numérique.
Au cours de la cérémonie, le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, a salué la contribution de ceux qui, avant lui, ont ouvert la voie à la liberté d’expression dans le pays. Mais il a aussi regretté que certains jeunes journalistes oublient parfois le combat mené par leurs aînés.
« Beaucoup croient que la liberté de la presse a commencé le jour où ils sont arrivés dans une salle de rédaction, alors qu’elle a commencé bien avant leur naissance », a-t-il rappelé, non sans une pointe d’ironie.
Un hommage aux doyens de la presse
Revenant sur une anecdote, le président de la HAC a raconté un échange marquant avec le doyen Ansoumane, l’un des pionniers de l’audiovisuel guinéen.
« J’ai voulu lui remettre la carte de presse numéro 1. Il m’a répondu : non, je ne la prends pas. Il a ajouté : si ceux que je lis et écoute sont journalistes, alors moi je ne le suis pas. Jusqu’à aujourd’hui, il n’a jamais accepté cette carte », a-t-il relaté, soulignant la rigueur morale et la modestie des anciens.
“Les bons journalistes doivent reprendre le terrain”
Face aux dérives observées dans le paysage médiatique, notamment sur les réseaux sociaux, Boubacar Yacine Diallo a lancé un appel à la responsabilité collective.
« Il y a de bons journalistes, mais on ne les voit plus parce que les mauvais ont occupé le terrain », a-t-il rapporté d’une discussion avec un autre doyen.
« Je vous encourage à vous battre pour que nous ayons une presse responsable. »
“Dénoncer avec preuves, mais aussi reconnaître le bien fait”
Insistant sur la neutralité et la rigueur, le président de la HAC a rappelé que la mission première de la presse n’est pas de s’ériger en juge ou en opposant.
« Une presse responsable, c’est celle qui dénonce, mais avec des preuves. C’est aussi celle qui dit ce qui a été fait de bon, toujours avec des preuves. Quand la presse se substitue à l’opposition, elle perd sa crédibilité. »
Pour lui, l’équilibre dans le traitement de l’information reste la meilleure garantie de respect et de légitimité auprès du public comme des autorités.
« Restons neutres, faisons correctement notre travail et tout le monde nous respectera », a-t-il conclu sous les applaudissements de ses pairs.
La célébration du 33ᵉ anniversaire de la HAC a ainsi pris des allures de leçon de mémoire et d’éthique journalistique, dans un contexte où la régulation de la parole publique, notamment sur les réseaux sociaux, devient plus que jamais un enjeu national.
Laguinee.info







