Le ton monte de nouveau dans les universités publiques. Après plus d’un an de suspension, les enseignants du supérieur repartent en grève. Dans un communiqué daté du 30 octobre 2025, le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNAESURS) a annoncé la levée de la suspension de la grève du 18 juillet 2023, à compter du lundi 3 novembre 2025.
Motif : le non-respect du décret D/2024/0027/PRG/CNRD/SSG du 24 janvier 2024, fixant les rémunérations des fonctionnaires titulaires de grades dans les Institutions d’Enseignement Supérieur (IES), Centres de Recherche (CR) et Centres de Documentation et d’Information (CDI).
Un décret, des promesses, mais aucun résultat
Adopté depuis janvier dernier, ce décret devait enfin harmoniser les traitements salariaux et revaloriser les carrières dans le secteur universitaire. Mais, selon le SNAESURS, rien n’a été appliqué.
Le syndicat rappelle avoir multiplié les démarches : « les multiples rencontres entre le SNAESURS, le ministère de l’Enseignement supérieur, celui du Travail et de la Fonction publique, concernant l’application effective du décret (…) sont restées sans résultat tangible », déplore le communiqué.
Et le ton se durcit : « Le SNAESURS tient pour responsable du refus de l’application dudit décret le Ministère du Travail et de la Fonction Publique », accuse sans détour le Bureau exécutif national.
Une seule revendication : l’application du décret
Dans sa déclaration, le syndicat ne tergiverse pas. Il exige « la satisfaction du point suivant : l’application effective du décret D/2024/0027/PRG/CNRD/SSG du 24 janvier 2024, pour tous les fonctionnaires concernés, notamment en ses articles 4, 5, 6, 8 et 13 ».
Autrement dit, pas de nouvelles négociations, pas de compromis : seulement l’exécution d’un texte signé et publié depuis dix mois.
Mobilisation générale dans les universités
Le Bureau Exécutif National appelle tous les acteurs de l’enseignement supérieur à se mobiliser. « Les présidents des coordinations régionales, les secrétaires généraux des sections et des délégations syndicales doivent prendre toutes les dispositions nécessaires et légales pour faire observer le mot d’ordre de grève par l’ensemble des travailleurs et travailleuses des IES, CR, CDI, ainsi que le personnel du ministère », précise la note.
Conséquence immédiate : la poursuite des activités de l’année universitaire 2025-2026 est désormais subordonnée à la satisfaction totale des revendications. Les cours, les examens et les soutenances risquent donc d’être à nouveau suspendus dans les universités publiques.
Une reprise de bras de fer annoncée
Le syndicat dit s’appuyer sur la légitimité de son combat, rappelant plusieurs textes légaux et accords passés :
la Charte de la Transition, notamment son article 35 ;
la loi L/2023/0016/CNT du 21 juillet 2023, portant statut particulier des institutions d’enseignement supérieur et des centres de recherche ;
le protocole d’accord du 20 juillet 2023 ;
ainsi que les courriers adressés au Président du Conseil national de la transition (CNT) en mars 2024 et au ministère de l’Enseignement supérieur en août 2025, restés sans suite.
Autant de références qui, selon le syndicat, prouvent que l’État a eu le temps et les outils pour agir, mais ne l’a pas fait.
Un ton de défi, une détermination intacte. Si rien ne bouge d’ici au 3 novembre, les amphithéâtres risquent de rester vides et la rentrée universitaire de se transformer, une fois de plus, en champ de bataille sociale.
Laguinee.info







