Le juriste Kalil Camara attire l’attention sur une confusion entre la Constitution et le Code électoral concernant l’âge des candidats à la présidentielle. Selon lui, les deux textes ne disent pas la même chose.
En effet, la Constitution fixe l’âge des candidats entre 40 et 80 ans, tandis que le Code électoral parle de 44 à 80 ans. Quatre années de différence qui changent tout pour certains citoyens qui voudraient se présenter.
Pour Kalil Camara, cette situation pose un problème de droit. Il rappelle que, dans un pays, la Constitution est la loi la plus importante, celle qui est au-dessus de toutes les autres. « Il y’a lieu d’invoquer le principe de la supériorité de la Constitution. Selon ce principe, la Constitution est la norme suprême, tous les textes doivent se conformer à elle pour ne pas être frappés d’inconstitutionnalité », explique-t-il.
Il précise que ce principe est repris dans la nouvelle Constitution adoptée le 21 septembre 2025, qui demande de vérifier si les lois respectent bien la Constitution, avant et après leur entrée en vigueur.
Parlant du contrôle avant l’application d’une loi, Kalil Camara cite l’article 128 de la nouvelle Constitution :
« Dans les 8 jours qui suivent l’adoption d’une loi, le Président de la République, le Premier ministre, le Président de l’Assemblée nationale, le Président du Sénat, la Commission nationale de l’éducation civique et des droits de l’homme ou un dixième au moins des députés ou des sénateurs peuvent, conformément à l’article 140, saisir la Cour constitutionnelle d’un recours visant à faire contrôler la conformité de la loi à la Constitution. »
Autrement dit, après qu’une loi est votée, ces autorités ont 8 jours pour demander à la Cour constitutionnelle de vérifier si elle respecte la Constitution. Tant que la Cour n’a pas tranché, la loi ne peut pas être appliquée. Une loi jugée non conforme est simplement inapplicable.
Mais il arrive aussi qu’une loi entre en vigueur alors qu’elle contient des erreurs. « Il peut aussi arriver que la loi entre en vigueur alors qu’elle contient une ou des dispositions contraires ou non conformes à la constitution. Dans ce cas, tout justiciable qui se trouve lésé peut soulever son inconstitutionnalité. C’est le contrôle à posteriori », explique le juriste.
En principe, c’est la Cour constitutionnelle qui s’occupe de ce contrôle. « Mais à l’absence de cette cour, le recours est porté devant la Cour suprême », ajoute-t-il.
M.Kalil Camara estime que « la disposition du Code électoral qui est contraire à la Constitution tombe dans l’inconstitutionnalité. Il est dès lors évident que c’est la condition d’âge fixée par la Constitution qui sera prise en compte ».
Autrement dit, c’est bien la Constitution qui doit primer. Donc, pour être candidat à la présidentielle, avoir 40 ans suffit, même si le Code électoral parle de 44.
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