Au lendemain de la présidentielle camerounaise du 12 octobre, le climat politique s’est brusquement tendu après la déclaration d’Issa Tchiroma Bakary. Depuis sa résidence à Garoua, le candidat du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) a proclamé sa victoire dans un message diffusé sur les réseaux sociaux.
« Le peuple camerounais a parlé, et sa volonté s’est exprimée dans les urnes », a affirmé Issa Tchiroma, saluant « le courage de ceux qui ont protégé la vérité du vote ».
Cette annonce a aussitôt provoqué une réaction virulente du gouvernement. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a dénoncé une « imposture » et un « comportement irresponsable ». Selon lui, le candidat du FSNC chercherait à « perturber le processus électoral en cours ».
Le ministre a rappelé que seul le Conseil constitutionnel est habilité à proclamer les résultats officiels du scrutin, dont la compilation est toujours en cours.
Malgré cette mise en garde, plusieurs figures politiques, parmi lesquelles Akere Muna et Ateki Caxton, ont publiquement félicité Issa Tchiroma Bakary pour sa “victoire”, contribuant à nourrir la confusion autour des résultats.
Dimanche soir, des tensions ont éclaté à Garoua, notamment dans les environs de la résidence du candidat du FSNC, placée sous forte surveillance des forces de sécurité.
Cette élection, la huitième pour le président sortant Paul Biya, 92 ans, pourrait marquer un tournant dans l’histoire politique du Cameroun, dirigé par le même homme depuis plus de quatre décennies.
Alors que le pays attend les résultats officiels, les regards restent tournés vers Yaoundé, où le Conseil constitutionnel doit trancher entre proclamation anticipée et vérité des urnes.
Laguinee.info







