Ce lundi 13 octobre 2025, le marché central de Kindia, habituellement animé par les cris des vendeuses et le tumulte des acheteurs, a été secoué par une tout autre agitation. Les femmes revendeuses, pilier de ce grand centre commercial, ont exprimé une colère noire contre la mairie, accusée de les avoir tout simplement trahies après la reconstruction du site, rapporte le correspondant régional de Laguinee.info basé à Kindia.
Tout est parti d’une opération menée dans la nuit. Selon plusieurs témoignages, les forces de l’ordre ont débarqué discrètement pour exécuter un ordre municipal : le délogement des étals des commerçantes. Sans préavis, sans concertation. Le lendemain matin, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. Les femmes, furieuses, ont envahi les rues, érigeant des barricades improvisées et paralysant la circulation pendant plusieurs heures.
Leur revendication est sans détour : elles exigent que la mairie respecte ses engagements pris lors de la réhabilitation du marché. « On nous a demandé de quitter nos emplacements sous le prétexte noble de la reconstruction. On nous a enregistrées, on nous a remis des tickets pour nous rassurer sur notre retour. Mais à la fin, ce sont d’autres individus, souvent des personnes déjà favorisées financièrement, qui ont hérité des boutiques. Nous, les petites commerçantes, avons été mises à l’écart. Nous exigeons la restitution immédiate de nos places légitimes », témoigne l’une des manifestantes, visiblement émue.
Pour ces femmes, l’affaire n’est pas qu’une simple dispute administrative : c’est une question de survie économique et de dignité. Elles dénoncent une redistribution des places teintée de favoritisme, où les plus modestes, celles qui font vivre le marché au quotidien, ont été reléguées au second plan.
Face à la tension, les autorités communales se retrouvent sous une pression croissante. Elles devront désormais expliquer comment les nouveaux emplacements ont été attribués et pourquoi les promesses faites aux anciennes occupantes n’ont pas été tenues.
En attendant une médiation officielle, les commerçantes restent campées sur leur position. Elles affirment qu’elles ne quitteront pas les lieux tant qu’une solution claire et juste ne sera pas trouvée.
À Kindia, la reconstruction du marché, censée être un symbole de relance économique, tourne désormais à la crise de confiance entre les autorités locales et celles qui en sont l’âme vivante : les femmes du marché.
JFK, pour Laguinee.info





