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À Nzérékoré, Bah Oury teste son message de “réconciliation politique”

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A l’intérieur du pays, le Premier ministre Bah Oury est venu seulement remercier les populations pour le « oui » au référendum. À Nzérékoré, il a surtout livré un discours qui ressemble à un essai grandeur nature : celui d’une nouvelle méthode de communication politique, plus apaisée, plus rationnelle — presque une pédagogie de la réconciliation nationale.

Loin des promesses électorales et des slogans, le chef du gouvernement a choisi un ton de franchise et d’équilibre :

« Pour le 28 décembre, comme ce sera une élection, il y aura des candidats. Et vous choisirez le meilleur d’entre eux sans jeter l’opprobre sur les autres », a-t-il déclaré, avant de comparer la compétition politique à « un match de football » où chaque camp doit jouer avec ses idées, pas avec la peur.

Nzérékoré, laboratoire d’un discours post-conflit

Ce n’est pas un hasard si Bah Oury a choisi Nzérékoré pour ce message. La capitale forestière a souvent été le théâtre de tensions communautaires et de rivalités politiques exacerbées. En y prônant la “fraternité électorale”, il cherche à transformer un ancien foyer de divisions en symbole d’unité nationale.

« Il ne faut pas intimider les autres candidats. S’il n’y a qu’un seul candidat, ce ne serait pas intéressant », a-t-il averti, soulignant que « c’est dans la contradiction qu’il y a le progrès ».

En filigrane, le Premier ministre semble tester une idée centrale : réhabiliter le débat démocratique comme espace de dialogue, pas de confrontation. Une manière d’ancrer son gouvernement dans la continuité du processus de stabilisation politique, tout en préparant l’opinion à une campagne électorale moins polarisée.

Un appel à la lucidité dans un pays saturé de promesses

Au-delà de la symbolique, le discours de Bah Oury s’est voulu pragmatique. Il a invité les citoyens à juger les acteurs politiques sur leurs réalisations, pas sur leurs discours.

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« Par le passé, il y a eu beaucoup de discours, beaucoup de promesses. Mais ces promesses n’ont jamais été tenues », a-t-il rappelé.

Cet appel à la lucidité tranche avec le ton triomphal habituel des tournées officielles. En insistant sur la nécessité de “soutenir ce qui marche”, le Premier ministre adopte un registre de gouvernance concrète, orientée vers les résultats plutôt que la rhétorique.

Le discours d’un Premier ministre en mode arbitre

À Nzérékoré, Bah Oury n’a pas seulement parlé politique ; il a posé les jalons d’un style. Celui d’un Premier ministre qui se veut arbitre plus que joueur, garant du fair-play plutôt que chef de camp.
En affirmant vouloir “respecter les règles démocratiques” avant tout, il se positionne comme l’homme du cadre — celui qui prépare le terrain du jeu politique sans s’en arroger le ballon.

Dans une Guinée où les campagnes se confondent souvent avec les affrontements, le message est clair : la démocratie ne se gagne pas en hurlant plus fort que l’autre, mais en convainquant davantage.

Un pari risqué, mais s’il réussit, Nzérékoré pourrait bien devenir le point de départ d’une nouvelle manière de faire campagne : sans crispation, sans culte du chef, mais avec une idée simple, réapprendre à débattre.

Laguinee.info

 

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