Un atelier de formation de cinq jours à l’intention des journalistes et blogueurs guinéens s’est ouvert ce lundi 7 octobre à Conakry. L’initiative, portée par Expertise France en collaboration avec Enabel et la Direction générale des Guinéens établis à l’étranger, vise à renforcer les capacités des professionnels des médias sur la migration irrégulière et la traite des êtres humains.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet AMIS (Accompagnement, Mobilité, Insertion et Sensibilisation), financé par l’Union européenne à hauteur de près de 20 millions d’euros et mis en œuvre par Expertise France. L’objectif est d’améliorer la communication autour des réalités migratoires, de promouvoir une information responsable et de prévenir les risques liés à ces phénomènes.
Pour Idrissa Tamboura, chef du projet AMIS, cette formation arrive à point nommé. « Ce phénomène est très préoccupant. L’actualité nous montre, chaque jour, des reportages sur des milliers de jeunes qui empruntent les routes de la migration irrégulière, notamment celle de la Méditerranée centrale, où ils subissent des souffrances atroces. Il s’agira, durant ces jours de formation, d’apprendre à mieux communiquer sur ces réalités, afin que cette jeunesse en quête d’un mieux-être soit correctement informée des risques et des méfaits liés à ces phénomènes », a-t-il expliqué.

De son côté, Paulo Barroso, chef de la section politique de la délégation de l’Union européenne en Guinée, a rappelé que le projet AMIS s’articule autour de trois axes principaux :
« Renforcer la gouvernance des migrations, assurer la réintégration durable des migrants de retour, et prévenir les risques liés à la migration irrégulière et à la traite des êtres humains, en informant et en sensibilisant les populations. Le rôle des journalistes et blogueurs est absolument central dans ce processus », a-t-il souligné.
Quant à Moustapha Baldé, vice-président du Comité national de lutte contre la traite des humains et pratiques assimilées, il a insisté sur la responsabilité sociale des médias. « Chers journalistes, vous êtes la voix des sans-voix, le regard et le rempart de notre société. Vos reportages, vos enquêtes et la qualité de vos communications façonnent la perception de la migration. Trop souvent, les récits migratoires sont déformés par des stéréotypes ou des approximations. Trop souvent, la traite humaine est reléguée au second plan dans les préoccupations nationales », a-t-il déclaré.
Pendant ces cinq jours, les participants vont échanger autour de plusieurs modules portant sur le traitement médiatique de la migration, la vérification des informations, l’éthique journalistique et la narration responsable.
Cet atelier offre un cadre de partage et d’apprentissage visant à doter les professionnels des médias guinéens d’outils concrets pour produire des contenus plus équilibrés, contribuant ainsi à la sensibilisation et à la prévention des migrations à risque.
IAC pour Laguinee.info







