Des milliers de partisans du président Andry Rajoelina se sont rassemblés samedi à Antananarivo. Venus de plusieurs quartiers de la capitale, ils ont défilé avec des banderoles imprimées par leurs chefs de quartiers, affichant leur soutien au chef de l’État et leur rejet catégorique de toute tentative de coup d’État.
Sur les lieux, l’ambiance était à la fois festive et revendicative. “On a de l’eau, on a de l’électricité, ça fonctionne très bien. Mais laissez mes enfants aller à l’école”, lance une manifestante pro-Rajoelina, visiblement émue.
Mais pendant que les soutiens du président défilaient sans encombre, les jeunes manifestants du mouvement Gen Z, hostiles au régime, dénoncent une différence de traitement. Malick Sulleyman, étudiant, raconte avoir tenté d’assister à la marche avant d’être refoulé : “Quand c’est nous qui voulons faire des manifestations pacifiques comme cela, on nous interdit d’aller dans les rues. Mais comme vous le voyez ici, il n’y a pas de militaires, il n’y a pas de gendarmes, il n’y a rien. Ce n’est pas la démocratie, ça. Quand c’est au tour d’Andry Rajoelina de réunir les gens, il n’y a pas de problème, mais quand c’est nous, il y en a beaucoup. On reçoit des gaz lacrymogènes, on nous tire dessus avec des balles réelles« , rapporte notre source.
Depuis plusieurs jours, ces jeunes contestataires multiplient les rassemblements pour dénoncer la gouvernance du président Rajoelina. Face à eux, les forces de l’ordre restent fermes, souvent inaccessibles au dialogue. “Pourquoi vous ne nous répondez pas ? On vous pose une simple question. Les Malgaches n’ont plus le droit de parler aujourd’hui ?”, lance un autre jeune manifestant.
Une autre militante Gen Z a confié à nos confrères : “On n’en peut plus de la dictature. Le peuple malgache souffre. Il faut écouter la voix du peuple, parce que le peuple souffre.”
Selon les Nations unies citée par notre source, la répression de ces manifestations a déjà fait au moins 22 morts et plusieurs centaines de blessés depuis le 25 septembre. L’organisation a dénoncé “l’usage disproportionné de la force” contre les manifestants. Des chiffres que le ministère des Affaires étrangères malgache conteste, estimant qu’ils ne reflètent pas la réalité sur le terrain.
Alors que les deux camps s’accusent mutuellement de provocation, le climat politique à Madagascar reste tendu, et la rue continue d’être le principal théâtre de l’expression du mécontentement populaire.
Laguinee.info







