À seulement une journée de la rentrée scolaire, la situation dans les établissements guinéens reste préoccupante. Invité vendredi sur l’émission Grand Angle de la RTG, le ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Jean Paul Cédy, a dressé un constat alarmant : malgré des milliers de recrutements effectués l’année dernière, le pays fait toujours face à un manque criant d’enseignants.
« Le besoin n’est pas comblé. Il est loin d’être comblé. Il y a encore beaucoup d’efforts à fournir. Le gap est important. Aujourd’hui, nous estimons qu’il nous manque environ 18 000 enseignants », a déclaré le ministre.
Jean Paul Cédy a reconnu que, même avec les concours récents pour intégrer la fonction publique, le secteur éducatif souffre non seulement d’un déficit numérique mais aussi de lacunes en termes de compétences. Certains des cadres recrutés peinent à répondre aux exigences du métier, selon lui, pointant un réel besoin de formation continue et de perfectionnement.
Au-delà de ces chiffres, le ministre a dénoncé la dévalorisation du métier d’enseignant en Guinée. « Aujourd’hui, le métier d’enseignant est tellement discrédité, tellement dévalorisé que tout le monde estime qu’on peut aller à l’enseignement et qu’on peut recruter immédiatement. Pourtant, beaucoup doivent être formés, doivent continuer à se former, et nous devons les accompagner dans cette formation », a-t-il insisté.
Malgré ces contraintes, Jean Paul Cédy a tenu à saluer l’engagement de ceux qui choisissent d’exercer dans des conditions souvent difficiles. « Nous n’avons personne pour aller dans l’enseignement. Ceux qui acceptent d’y aller, nous les félicitons. Ce que nous devons faire, c’est les encourager à se perfectionner. J’appelle également les collectivités et les familles à les accueillir, car ils arrivent souvent dans des conditions très difficiles. Et s’il y a des lacunes académiques, elles peuvent être corrigées », a-t-il souligné.
Le ministre a par ailleurs nuancé l’idée selon laquelle le faible niveau de rémunération serait la principale cause du désintérêt pour la profession. « On pense toujours que c’est le salaire. Mais ce n’est pas que le salaire », a-t-il conclu.
À quelques jours de la rentrée, le message est clair : au-delà des recrutements, il faudra investir dans la formation et la valorisation des enseignants pour répondre aux défis persistants du système éducatif guinéen.
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