La Guinée peut se vanter d’avoir décroché sa première notation souveraine B+. Mais derrière ce chiffre flatteur, le tableau reste sombre : le pays figure parmi les 69 États jugés non conformes aux normes minimales de transparence fiscale, selon le rapport 2025 du Département d’État américain. Un signal d’alerte dans un contexte politique fragile et une économie en quête de relance.
Publié le 19 septembre, le rapport annuel examine les pratiques budgétaires de 140 entités – 139 gouvernements et l’Autorité palestinienne. Si 71 d’entre elles respectent les standards requis, la Guinée se retrouve sur la liste noire pour ses lacunes persistantes, malgré quelques progrès notables.
Depuis 2013, ce document vise à encourager les réformes et à renforcer la lutte contre la corruption dans les pays qui bénéficient de l’aide américaine. Pour Conakry, c’est un avertissement clair : stabiliser la transition post-coup d’État de 2021 et dynamiser la croissance, largement portée par le secteur minier, passe aussi par des comptes publics plus clairs.
Des progrès partiels… mais insuffisants
Le rapport souligne quelques points positifs : le gouvernement de transition a publié en ligne le budget adopté, un rapport de fin d’année et certains audits dans des délais jugés raisonnables. Mais la liste des manquements est longue :
Le projet de budget exécutif n’est jamais publié à temps.
Les allocations et revenus des entreprises publiques sont purement et simplement ignorés dans les documents budgétaires.
Les informations sur la dette publique, en particulier celle contractée par les grandes entreprises publiques, restent lacunaires.
Même si les documents budgétaires respectent globalement les standards internationaux et permettent une certaine comparaison d’une année sur l’autre, les failles structurelles persistent. La Cour des comptes, censée contrôler les finances publiques, “ne respecte pas les normes internationales d’indépendance, ne se réunit pas régulièrement et ne publie pas ses conclusions”.
Autre point noir : le gouvernement est critiqué pour son manque de rigueur dans l’application des procédures légales d’attribution de contrats et de licences dans le secteur des ressources naturelles. La publication des informations sur les marchés publics reste sporadique et fragmentaire.
Derrière le B+ qui fait joli sur le papier, la Guinée garde une transparence budgétaire digne d’un mauvais exercice scolaire. Le défi reste énorme : prouver que ses comptes peuvent inspirer confiance, autant aux citoyens qu’aux investisseurs.
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