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Burkina, Mali et Niger : la CPI, c’est fini

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 La Confédération des États du Sahel (AES) — Burkina Faso, Mali et Niger, a décidé de plier bagage et de quitter la Cour pénale internationale (CPI). Dans un communiqué conjoint publié le 22 septembre à Bamako, les trois pays dénoncent une institution devenue, selon eux, un « instrument de répression néocolonial » plus prompt à juger les faibles qu’à convoquer les puissants.

La CPI, accusée de myopie sélective

Officiellement, la CPI devait être le tribunal de l’universel : juger sans distinction les crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou génocides. Dans les faits, selon l’AES, elle se serait muée en un club très fermé où certains États bénéficient d’une impunité garantie, pendant que d’autres passent au tribunal avec la régularité d’un abonné. « Justice sélective », tranchent Ouagadougou, Bamako et Niamey, visiblement lassés de servir de clientèles captives.

Place aux “mécanismes endogènes”

À défaut de La Haye, les trois pays promettent de bâtir leur propre justice. Des « mécanismes endogènes », dit le communiqué, censés concilier souveraineté, droits humains et valeurs sociétales. Une équation ambitieuse, qui revient à remplacer le marteau du juge international par celui du forgeron local. Reste à savoir si ce nouvel outil frappera aussi fort — et surtout, aussi équitablement.

Vingt ans de coopération balayés

Ratifié en 2000 par le Mali, en 2002 par le Niger et en 2004 par le Burkina, le Statut de Rome est désormais relégué aux archives. Deux décennies de coopération effacées d’un trait de plume. Mais les dirigeants sahéliens ne s’en émeuvent pas : ils préfèrent clamer haut et fort que la souveraineté ne se négocie pas, surtout quand elle se joue devant les juges de La Haye.

Un départ qui sonne comme un défi

L’AES n’a pas oublié les formules de politesse : elle remercie l’ONU et les États membres, tout en promettant de continuer à « coopérer dans d’autres cadres appropriés ». Manière élégante de dire que la communauté internationale reste la bienvenue… mais sans la CPI.

Le Sahel a tranché : fini le juge international, vive la justice maison. Une décision qui se veut historique, mais qui laisse une question en suspens : sans La Haye, qui jugera demain les excès des puissants… locaux cette fois ?

Laguinee.info

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