Après avoir supprimé un sondage en ligne défavorable au camp du « oui », l’ancien Premier ministre Bernard Goumou tente de reprendre la main.
Dans une nouvelle publication, il relativise l’incident : « Je vois que mon petit sondage a fait beaucoup parler hier. Tant mieux, cela veut dire que chacun se sent concerné. »
En adoptant ce ton décontracté, ponctué d’un emoji malicieux, il cherche à transformer un revers numérique en opportunité de dialogue. Mais derrière l’humour, c’est bien une opération de communication de crise. Car le sondage, supprimé à la hâte, avait donné l’avantage au « non ».
Pour minimiser la portée de cet épisode, Bernard Goumou tente un recadrage : « Facebook a voté. Maintenant, c’est au peuple de décider dans les urnes. Le vrai sondage, c’est le 21 septembre dans les urnes. » Le message est clair : ramener le débat sur le terrain électoral, loin des aléas incontrôlables des réseaux sociaux.
Le problème, c’est que la communication numérique a ses propres règles. Supprimer un post ne fait pas disparaître les captures d’écran déjà partagées, largement diffusées par ses adversaires et ses détracteurs. Et rappeler que le vote décisif se fera dans les urnes ne suffit pas à effacer l’image d’un leader pris de court par son propre outil de mobilisation.
Dans le même message, l’ancien Premier ministre poursuit : « D’ici là, la mission continue : aller partout porter le message du OUI et écouter vos préoccupations… » Une tentative de reprendre l’initiative et de montrer qu’il reste maître de l’agenda politique.
Mais en communication, cette succession de volte-face soulève des contradictions. Solliciter l’avis des internautes pour « prendre le pouls » puis balayer les résultats dès qu’ils dérangent fragilise la crédibilité.
L’ancien Premier ministre a voulu tester la température sur Facebook ; il a pris un coup de froid… et tente désormais de se réchauffer dans les urnes.
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