spot_img
spot_img
spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
spot_img

Lettre ouverte à Monsieur le Premier Ministre, Chef de Gouvernement (Me David Béavogui )

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre, Maître David Béavogui, avocat à la Cour, sollicite la libération de plusieurs citoyens détenus dans le cadre de la procédure liée à l’attaque de la maison centrale de Conakry du 3 novembre 2023. S’appuyant sur la Charte de la transition, les textes de loi et des références religieuses, il plaide pour le respect des décisions de justice, rappelant notamment l’ordonnance de non-lieu prononcée en janvier 2025.

Lettre ouverte à Monsieur le Premier Ministre, Chef de Gouvernement

Monsieur le Premier Ministre

Conformément à l’article 51 de la charte de la transition, je me permets de vous adresser la présente en vue de solliciter de votre haute bienveillance la libération de certains de nos concitoyens illégalement détenus.

En effet, l’article 51 de la charte suscitée dispose : «Le Premier Ministre dirige, coordonne et anime l’action gouvernementale.

Il dispose de l’Administration. Il veille au bon fonctionnement des services publics, à la bonne

gestion de l’économie nationale, des finances publiques et domaines de l’Etat, des entreprises et des organismes publics.

Il assure l’exécution des lois et règlements.

Il veille à l’application des décisions de justice».

 

Monsieur le Premier Ministre, l’un, pour ne pas dire le seul, de ses attributs que Dieu a confié aux humains sur terre, est celui de juger leurs semblables.

Le coran, dans Sourate 42 verset 15, appelle à «juger avec équité».

Dans Romains chapitre 13, verset 4, la bible nous enseigne :

« le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains; car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal».

Les deux plus grandes religions monothéistes enseignent donc la notion de justice, le pouvoir de juger ceux qui transgressent les lois établies dans la société.

Ceci implique premièrement que toute poursuite doit être dirigée uniquement contre ceux qui font du mal à la société; qui ont commis un crime ou un délit prévu et puni par la loi pénale de chaque pays.

Secundo, le pouvoir de retenir, de juger et de condamner est exclusivement réservé aux magistrats ou les personnes habilitées à cet effet par la loi.

Tertio, nul ne peut être puni ou privé de sa liberté que pour le comportement antisocial qu’il a commis. Autrement, il ne doit être inquièté notamment quand la justice elle-même l’aura blanchi.

N’est-ce pas ce qui est stipulé à l’article 7 de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789 repris par nos lois ?

«Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la loi, et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance ».

Tout le système judiciaire est aujourd’hui pris à partie par deux groupes qui se livrent au jeu de tir à la corde.

Le jeu de tir à la corde est un sport d’équipe où les deux protagonistes tirent, chacun l’autre vers lui à travers l’extrémité du bout de la corde, au-delà d’une ligne de démarcation, le but étant de remporter une épreuve de déstabilisation par la force et la solidarité.

Chaque protagoniste oublie que cette discipline a été retirée même des Jeux Olympiques depuis 1920 en raison de problèmes techniques, comme des chaussures trop lourdes utilisées par les athlètes ou des tricherie.

C’est dans ce duel que Dame Themis est entrain de perdre la boussole dont elle est détentrice depuis le 5 septembre 2021, suite à la prise du pouvoir par le Général Président Mamadi Doumbouya.

Le problème est que dans le nœud de cette corde se trouvent coincés nos concitoyens tels que les inculpés de la procédure l’attaque de la maison centrale de Conakry du 03 novembre 2023 qui s’est soldée depuis le 23 janvier 2025 par l’ordonnance de non lieu numéro 006 de Monsieur Flomonan Sagno, Juge d’instruction au Tribunal Militaire permanent de Conakry ;

Dans ce dossier appelé Ministère public contre Sergent Chef Mamady Kallo et 72 autres, il s’agit de l’attaque de la maison centrale de Conakry la nuit du 03 novembre 2023 par un groupe de personnes lourdement armée où était détenus dans le cadre du procès dit du 28 septembre 2009 l’ancien Président de la transition de 2009, le capitaine Moussa Dadis CAMARA et plusieurs autres.

Dans cette procédure, 74 personnes avaient été inculpées dont seulement 2 sous contrôle judiciaire et les 72 autres sont sous les veroux depuis deux ans, au grand dam de leurs conjoints, enfants et proches ce sont :

  1. Sergent Chef Mamady Kallo
  2. Sergent chef Ousmane Sidibe
  3. Adjudant Chef Fankanda Konaté
  4. Adjudant Aboubacar Conte
  5. Caporal Mohamed Makhissa Bangoura,
  6. Caporal Chef Amadou Tâta Diallo
  7. Adjudant Chef Dantouma Doumbouya
  8. Sous-lieutenant Ibrahima Sory Keita
  9. Albert Fangamou
  10. Marie Senesdy
  11. Lieutenant Colonel Thierno Ahmed Tidiane Diallo
  12. Lieutenant Colonel Pierre Gaou Béavogui
  13. Sous-lieutenant Mamady 2 Camara
  14. Sergent Chef Mohamed Mbemba Camara dit Zidane
  15. Caporal Amara Camara, Sekou Kone,
  16. Adjudant Chef Abou Bangoura
  17. Caporal chef Houssein Aly Echour,
  18. Mohamed Chérif Camara
  19. Sivily Guilavogui dit Apôtre Saint Jean,
  20. Sergent Chef Kalla Soumah
  21. Moustapha Kourani Keita
  22. Adjudant Chef Souleymane Sidibe
  23. Sergent Mamady Kourouma
  24. Sergent Chef Issiaga Camara
  25. Adjudant Thierno Moussa Bangoura,
  26. Adjudant Chef Abdoulaye Camara
  27. Adjudant chef Aboubacar Diaouné,
  28. Adjudant chef Idrissa Bangoura
  29. Adjudant Mohamed Camara,
  30. Lamine Sacko
  31. Caporal Faya Thomas Millimono
  32. Diecké Iromou, Sidiki Keita
  33. Sous-lieutenant Mouctar Sylla
  34. Sergent Chef Fatoumata Doumbouya, Adjudant Seydouba 1 Bangoura
  35. Mohamed Lamine Camara
  36. Adjudant Pierre Kouassy
  37. Adjudant Mamady Haiba Camara
  38. Sergent Chef Amadou Camara
  39. Sous-lieutenant Mohamed 3 Camara,
  40. Caporal chef Souleymane Oularé
  41. Adjudant chef Amara nafi Camara,
  42. Adjudant Ousmane Mara
  43. Sergent Chef Kadiatou 1 Camara
  44. Caporal chef Mohamed Diane
  45. Adjudant chef Layba Camara
  46.  Adjudant chef Aboubacar Sidiki Bah,
  47. Lieutenant Fode Momo Camara
  48. Caporal chef Mohamed Sangaré
  49. Brigadier chef Yacouba Baldè
  50. Sergent Chef Mbemba Bangoura
  51. Sergent Chef Salimatou Camara
  52. Sergent Chef mabinty Soumah
  53. Jean Claude Loua
  54. Jean Haba
  55. Sergent Chef Augustin Kpogomou
  56. Mao Béavogui
  57. Adjudant chef Kouramodou Doumbouya,
  58. Adjudant chef Lancinet Camara
  59. Lieutenant Colonel Mohamed Yondo Ouedouno
  60. Moussa Thiegboro Camara
  61. Colonel Claude Pivi
  62. Sous-lieutenant Fode Bangoura
  63. Lieutenant Mamadou Dian Diallo,
  64. Lieutenant ce Mamy
  65. Caporal chef Joseph Wata Soumah,
  66. Caporal chef Ibrahima Sory Sylla
  67. Caporal Mory Ismaël Nabé
  68. Sergent Chef Hadjiratou Condé
  69. Starzensky Nicolay
  70. Colonel Blaise Goumou
  71. et Moussa Dadis CAMARA poursuivis de détention illégale d’armes, rébellion, participation à une association de malfaiteurs, évasion, Assassinat, abandon de poste, violation aux consignes, entrave à la saisine de la justice, désertion et complicité d’assassinat.

La conséquence du non lieu c’est la mise en liberté de L’inculpé. D’où ce cri de cœur.

Dans ce dossier, je voudrais attirer votre haute attention sur le cas particulier du Colonel Claude Pivi.

En effet, techniquement, le Colonel Claude est illégalement détenu dans la mesure où le mandat d’arrêt en vertu duquel il a été arrêté au Libéria et extradé en Guinée avait été émis par le Juge d’instruction du Tribunal Militaire Permanent de Conakry qui vient de clôturer son instruction par l’ordonnance de non lieu suscitée.

Dès lors que le mandat d’arrêt décerné par le Tribunal de Première Instance de Dixinn délocalisé à la cour d’appel de Conakry n’a pas été exécuté contre lui, sa détention devient sans doute illégale sans titre.

Monsieur le Premier Ministre, le Colonel Pivi est perclus par la maladie. Il vient encore de subir une dure épreuve avec la perte tragique de son épouse dont il n’a pas pu assister aux obsèques.

Nous avons tendu nos oreilles, rivé nos yeux à notre télévision nationale lors du journal de 20h du 05 septembre 2025, date anniversaire de la prise du pouvoir par le CNRD, dans l’espoir que le Président aurait posé un acte de décrispation sociale en libérant certains prisonniers, mais hélas.

Plusieurs courriers ont déjà été adressés aux autorités judiciaires pour demander la libération de ces pensionnaires sans succès.

C’est la raison pour laquelle, force devant rester à la loi, nous nous livrons à cet exercice conformément à l’article 51 de la charte suscitée pour l’exécution de la décision judiciaire suscitée.

Dans l’attente, et en vous souhaitant bonne réception, je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre l’expression mes sentiments de très haute considération.

 

Maître David BEAVOGUI

Avocat à la Cour

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS