Depuis quelques semaines, l’UFDG, parti d’opposition dirigé par l’ancien Premier ministre Elhadj Cellou Dalein Diallo a été suspendu alors qu’il s’apprêtait à organiser son congrès. Une décision qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi, la directrice générale des élections, Zénab Touré, a expliqué les raisons ayant conduit à cette sanction, rapporte Laguinee.info à travers un de ses journalistes.
Selon madame Touré, cette décision résulte de plusieurs dysfonctionnements internes au sein du parti, touchant à la fois la gestion financière et le respect des statuts et procédures internes.
Des irrégularités dans la gestion financière
La directrice générale des élections a pointé du doigt des « irrégularités » dans la gestion des fonds du parti, en particulier concernant la construction de son siège social. Elle s’est dite surprise par le manque de transparence sur l’origine des financements, estimant que la valeur de l’édifice, évaluée à plus de 10 milliards de francs guinéens, ne pouvait être justifiée.
« Vous ne pouvez pas me dire que vous avez construit un siège qui fait plus de 10 milliards que vous ne pouvez pas me justifier comment tout l’argent est rentré. Et que vous me dites simplement que les comptes sont avec des gens qui sont en prison. L’autre trésorier est décédé, nous n’avons aucun document ou les documents sont avec le président ou les documents se trouvent au palais Sekoutoureyah. Un parti politique ne peut pas être géré comme ça », a martelé Zénab Touré.
Non-respect des statuts et procédures internes
La directrice générale des élections a également dénoncé le non-respect des règles de fonctionnement du parti. Elle a notamment soulevé le manque de transparence concernant la liste des membres de l’organe de direction, la durée de leur mandat, et l’absence de comptes rendus d’activité. Le processus de vente des cartes de membres a également été questionné, en raison de l’incertitude sur l’usage des fonds générés.
« La liste des membres de l’organe de direction, c’est prévu, mais donnez-nous la liste. Qui sont les membres de l’organe de direction ? Quel est le mandat ? Est-ce que le mandat des membres du bureau exécutif est respecté ? Les délais d’organisation, les états financiers… Si on ne voit pas tout ça… », a ajouté la directrice.
Elle a rappelé que l’UFDG n’avait pas organisé de congrès depuis 2015 et que la convention nationale tenue par le parti ne pouvait en aucun cas se substituer à un congrès statutaire, contrairement à ce qu’affirmait le parti.
« Parce qu’on a dit qu’il y avait la Covid, on a fait un congrès, on nous a présenté un document qui est en violation même des dispositions statutaires. Aucun texte n’assimile une convention nationale à un congrès du parti, la convention nationale du parti est différente du congrès », a-t-elle précisé.
Le pouvoir excessif du président du parti
Zénab Touré a également évoqué un fonctionnement en marge des règles démocratiques, où le président du parti prend seul des décisions importantes, alors que certaines sanctions devraient relever du conseil politique.
« Il ne revient même pas au président Cellou de prendre une décision de sanctionner quelqu’un. Il y a un conseil politique… qui se réunit, prend une décision, et c’est le conseil politique qui applique la décision. Ce sont ces dysfonctionnements que l’on reproche, sans toucher à la charte des partis politiques », a insisté la directrice générale des élections, soulignant que l’UFDG n’était pas le seul parti concerné par ce type de reproches.
L’affaire reste en observation et pourrait donner lieu à de nouvelles annonces dans les prochains jours.
Laguinee.info







