Au large de la Mauritanie, une nouvelle tragédie migratoire a coûté la vie à au moins 69 personnes. Des dizaines d’autres restent portées disparues après le chavirement d’une embarcation partie de Gambie avec environ 160 passagers à bord.
Selon les informations, le drame s’est produit dans la nuit de mardi à mercredi, à quelque 80 kilomètres au nord de Nouakchott. Selon les premiers témoignages, l’embarcation approchait de la côte mauritanienne, à hauteur de la localité d’El Mhaijrat, lorsque les passagers ont aperçu les lumières de la ville. En se déplaçant en masse d’un même côté du bateau, ils auraient provoqué son déséquilibre, entraînant le naufrage.
Une route devenue mortelle
Les victimes étaient en majorité originaires du Sénégal et de la Gambie, deux pays d’où partent régulièrement des candidats à l’exil. Avec ses plus de 700 kilomètres de côtes, la Mauritanie est devenue ces dernières années un point de passage fréquent pour les migrants cherchant à atteindre les îles Canaries, porte d’entrée vers l’Europe.
Fin juillet déjà, les garde-côtes mauritaniens avaient secouru plusieurs dizaines de personnes au large, après la panne d’une embarcation partie de Guinée. Ces incidents illustrent la persistance d’un phénomène migratoire qui continue de coûter des milliers de vies.
Des chiffres alarmants
Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras citée par africanews.com, plus de 10 000 personnes ont péri ou disparu en mer en 2024 en tentant de rejoindre l’Europe depuis l’Afrique de l’Ouest. Ce nouveau drame s’ajoute à une longue liste de naufrages qui endeuillent régulièrement la région.
De son côté, Human Rights Watch alerte sur la situation préoccupante des migrants en Mauritanie. L’organisation dénonce des cas de tortures, de violences et d’expulsions sommaires, critiquant également les accords conclus avec l’Union européenne pour externaliser la gestion des flux migratoires malgré ces violations des droits humains.
Une traversée toujours risquée
Bien que le rythme des arrivées dans l’archipel espagnol des Canaries ait ralenti depuis le début de l’année, la traversée de l’Atlantique reste l’une des plus périlleuses. Les candidats à l’exil affrontent des embarcations surchargées, des conditions de navigation précaires et un océan impitoyable.
La catastrophe survenue au large de Nouakchott rappelle, une fois de plus, l’extrême dangerosité de cette route migratoire et le lourd tribut payé par ceux qui tentent de rejoindre l’Europe au péril de leur vie.
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