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Rentrée scolaire 2025-2026 :Michel Pépé Balamou du SNE juge la date du 15 septembre intenable, les raisons !

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La fixation de la date de la rentrée scolaire est une décision qui, dans tous les pays, relève de la compétence des autorités gouvernementales en charge de l’éducation. Cependant, elle ne doit pas se faire de manière isolée. Une telle mesure exige la consultation de plusieurs acteurs et partenaires du système éducatif, notamment le ministère de l’Éducation, les syndicats, les associations de parents d’élèves et les organisations de la société civile.

C’est dans cet esprit que le Syndicat national de l’Éducation (SNE) s’est prononcé sur la rentrée scolaire 2025-2026, fixée par les autorités guinéennes au 15 septembre 2025.

Un calendrier en décalage avec les standards internationaux

Selon le SNE, la décision des autorités répond à une double exigence internationale.

La première est celle d’un calendrier scolaire suffisant : « Les élèves doivent avoir accès à neuf mois de cours et être évalués le dixième mois. Or, en Guinée, les apprenants n’ont que huit mois de cours (d’octobre à mai) et sont évalués le neuvième mois (juin). »

Cette réduction du temps d’apprentissage contraint les enseignants à « courir derrière les programmes » plutôt qu’à s’assurer de l’assimilation des connaissances par les élèves. Une situation qui contribuerait à expliquer le taux élevé d’échecs aux examens nationaux.

La deuxième exigence concerne les vacances jugées trop longues. Le SNE note que « trois mois de vacances scolaires sont excessifs pour des élèves déjà confrontés à une pauvreté d’apprentissage endémique ». À force de rester trop longtemps à la maison, beaucoup désapprennent les compétences acquises. Dans les pays francophones voisins, les vacances n’excèdent généralement pas deux mois.

La date du 15 septembre jugée intenable

Pour le SNE, la rentrée annoncée ne peut être effective, compte tenu du contexte. « La phase opérationnelle de la rentrée scolaire dépend d’actions concrètes avant et pendant les premiers jours de classe. Or, en Guinée, la non-effectivité de ces étapes préparatoires rend la rentrée du 15 septembre irréaliste », avertit l’organisation syndicale.

Parmi les difficultés soulevées :

Le budget de la rentrée 2025-2026 n’a pas encore été mis à disposition des structures éducatives.

La crise économique actuelle rend difficile pour les parents l’achat de fournitures et le paiement des frais de scolarité.

Le climat politique, marqué par le référendum du 21 septembre, « pourrait accentuer la psychose chez les parents », qui préféreraient garder leurs enfants à la maison.

Les problèmes structurels persistants, tels que le blocage des salaires de milliers d’enseignants ou la situation des contractuels « qui continuent de donner cours dans les zones rurales sans rémunération », menacent la stabilité de l’année scolaire.

Une volonté politique de mobilisation

Toutefois, le SNE reconnaît que la décision des autorités peut aussi se lire comme une volonté de « sonner le réveil et mobiliser les parents, élèves et enseignants ». En effet, lorsque la rentrée est fixée en octobre, son effectivité se fait attendre jusqu’à la fin du mois.

Cette année, les autorités espèrent que les familles se mobiliseront plus tôt afin que « les écoles fassent le plein le lundi suivant la célébration du 67e anniversaire de l’indépendance de la Guinée, le 2 octobre 2025».

Les recommandations du SNE

En tant que force sociale de veille, d’alerte et de proposition, le SNE formule une série de recommandations à l’endroit des autorités :

Mener une communication pédagogique sur la nécessité pour l’école guinéenne de se conformer aux standards internationaux.

Mettre à disposition le budget de la rentrée à temps, afin de permettre l’opérationnalisation et la supervision de la rentrée au niveau régional et préfectoral.

Acheminer rapidement le matériel didactique et les fournitures scolaires dans les 13 communes de Conakry et les 33 préfectures.

Aménager les salles de classe et les doter d’équipements adéquats.

Régulariser la situation des enseignants contractuels et payer les arriérés de salaires des enseignants des collectivités locales, y compris l’application de la hausse de 25 % sur leurs indices.

Débloquer les salaires en souffrance, certains enseignants étant privés de rémunération depuis décembre 2023 ou juillet 2024, malgré leur présence effective en classe.

Rétablir les enseignants retraités dans leurs droits et corriger les pensions en dessous de leurs prévisions.

Aligner les primes des responsables éducatifs sur celles des autres départements ministériels pour « faire triompher la justice sociale ».

Une rentrée à haut risque

Pour le SNE, la réussite de la rentrée scolaire 2025-2026 dépendra de la mise en œuvre de ces mesures. Faute de quoi, le système éducatif guinéen risque de replonger dans des perturbations, au détriment de la qualité de l’enseignement.

 

Laguinee.info

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