Quelques heures après ses déclarations controversées sur la disparition de certains activistes, notamment Foniké Menguè, qui ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, l’ONG Tournons La Page (TLP-Guinée), a adressé un courrier au procureur général de Conakry, lui demandant d’engager sans délai des poursuites contre l’ancien député.
Face à cette situation, Taliby Dabo a tenu à apporter sa réplique lors d’une sortie médiatique depuis Kankan, rapporte Laguinee.info à travers son correspondant basé sur place.
« Je n’ai rien dit d’illégal »
Dans son intervention, il a appelé ses détracteurs à la retenue :
« Je voudrais m’adresser à ceux qui pensent que les autorités doivent prendre des dispositions contre moi. Qu’ils réfléchissent bien. Il y a eu beaucoup d’autres propos tenus avant moi. Celui qui dit que Foniké Menguè est en vie et un autre qui dit qu’il n’est plus en vie, ce sont deux avis contradictoires. Donc, les mêmes personnes devraient être incriminées. Moi, je dis qu’ils sont en vie, qu’ils mangent bien et dorment bien. Si je dois montrer où ils sont, alors que l’autre qui dit qu’ils sont morts doit aussi indiquer leur tombe et les circonstances de leur mort », a-t-il lancé.
Taliby Dabo interpelle la justice
Poursuivant, l’ancien parlementaire estime que la justice ne doit pas faire de sélectivité dans le traitement des propos tenus autour de cette affaire.
« Si je dois être poursuivi pour ce que j’ai dit, alors le procureur doit aussi arrêter Sékou Koundouno, qui a clairement indiqué comment on les a arrêtés, où ils sont détenus et par qui. Vous devez aussi porter plainte contre ceux qui ont affirmé que Foniké Menguè n’est plus en vie. Chacun de nous a tenu des propos. Si vous voulez que mes déclarations soient examinées par le procureur, alors celles des autres doivent l’être aussi », a-t-il insisté.
« Je parle en citoyen »
Pour Taliby Dabo, ses déclarations n’engagent aucune responsabilité officielle, puisqu’il affirme ne détenir aucun mandat politique ou administratif.
« Je ne suis pas une autorité administrative, je ne suis pas une autorité politique. Je suis Taliby Dabo, un citoyen qui parle comme d’autres citoyens. Si tout le monde devait être en prison parce qu’il a parlé, alors le procureur aurait beaucoup de personnes à arrêter. Je suis clair dans mes propos : je n’ai jamais dit où ils sont détenus, ni qui les a arrêtés. J’ai dit partout où ils sont, ils s’habillent bien, mangent bien et dorment bien », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que ses propos avaient pour but de rassurer plutôt que d’accuser :
« Si j’ai dit qu’ils sont en vie, c’est dans une bonne intention. Quand on croit qu’une personne est morte et que l’on apprend qu’elle est vivante, cela devrait réjouir. Si c’est l’État qui détient les Foniké Menguè, j’insiste et persiste qu’ils vont bien. Si c’est une autre entité, je ne peux pas l’assumer. Nous avons vu par le passé des cas comme celui du commandant Ali ou de Michel, que tout le monde pensait morts, mais qu’on a finalement retrouvés vivants et libres. »
Par ces propos, Taliby Dabo tente de désamorcer les menaces de poursuites judiciaires dont il fait l’objet, tout en réaffirmant sa conviction que les activistes portés disparus sont encore en vie.
De Kankan, Karifa Kansan Doumbouya, pour Laguinee.info







