Monsieur Kourouma,
Je ne suis certe pas le Président de l’UFDG auquel vous vous êtes adressé, mais j’estime qu’il ne perdra pas son temps à vous répondre.
Votre lettre, bien que habillée d’un ton conciliant, n’est rien d’autre qu’un plaidoyer déguisé pour une prise de contrôle politique. Derrière les mots « cohésion », « transition », et « réconciliation », se cache une tentative grossière de repositionnement, fondée non sur des principes, mais sur des calculs.
Parlons franchement.
Vous évoquez l’unité du parti, mais vous avez été silencieux lorsque certains ont saboté cette unité par des intrigues internes, des alliances douteuses et des attaques publiques contre la direction. Vous parlez de réintégration, mais vous oubliez que l’exclusion n’est jamais arbitraire: elle est la conséquence d’actes, de trahisons, de manœuvres qui ont mis en péril la crédibilité de l’UFDG.
Vous proposez une « présidence d’honneur » comme si le leadership pouvait être relégué à un rôle symbolique pendant que d’autres, sans légitimité ni vision, s’installeraient aux commandes. Ce n’est pas une transition que vous proposez. C’est une substitution.
Le mémorandum du 19 avril? Une tentative de putsch intellectuel.
Signé par quelques fédéraux en quête de visibilité, ce texte n’a aucune valeur statutaire. Il n’a pas été validé par les instances nationales, ni par la base militante. Il reflète une frustration, pas une orientation politique. Et il ne saurait dicter l’avenir d’un parti forgé dans la lutte, la constance et la loyauté.
L’UFDG n’est pas un terrain de négociation. C’est une ligne de combat.
Ce parti n’a pas survécu à des décennies de répression pour se faire déstabiliser par des ambitions personnelles. Il n’a pas résisté à l’exil, à la dissolution, à la diabolisation, pour céder à des appels à la « refondation » qui ne sont que des prétextes pour redistribuer les rôles.
À ceux qui veulent parler de réforme: commencez par la discipline.
La réforme ne vient pas de ceux qui contournent les règles, qui s’érigent en porte-parole sans mandat, qui multiplient les lettres ouvertes pour exister. Elle vient de ceux qui respectent les statuts, qui construisent dans le silence, qui mobilisent sans diviser.
Votre lettre est bien rédigée. Mais elle sonne faux. Elle ne propose pas une sortie de crise. Elle propose un glissement. Et ce glissement, nous le refusons.
L’UFDG ne changera pas de cap sous la pression. Elle ne renoncera pas à son histoire pour satisfaire des impatiences. Et elle ne confiera pas son avenir à ceux qui confondent leadership et opportunité.
Le parti reste debout. Et ceux qui veulent le faire tomber devront d’abord affronter la mémoire, la loyauté, et la détermination de ses vrais bâtisseurs.
Cellou Kansala DIALLO
Secrétaire Fédéral UFDG Ratoma.
Talibé convaincu de Cellou Dalein Diallo .







