Depuis plusieurs mois, la lutte contre le terrorisme dans le Sahel se construit autour d’une coopération étroite entre les pays voisins. Cette dynamique a récemment pris une nouvelle dimension lorsque les forces spéciales guinéennes se sont rendues au Burkina Faso pour soutenir la formation des soldats burkinabés.
Tout a commencé avec la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Selon le capitaine Ibrahima Traoré, président de la transition burkinabé, cette alliance a été conçue pour renforcer la coordination militaire régionale. « La coordination se passe très bien. L’AES est une cible. Voir des Africains s’unir, ce n’est pas bon pour d’autres personnes. Donc, il faut tout faire pour casser cette alliance. On comprend, mais nous sommes là pour ça », a-t-il déclaré dans une interview à la radio locale.
Pour que cette coopération fonctionne sur le terrain, des officiers de liaison ont été dépêchés dans chacun des pays membres. Les Burkinabés sont présents au Mali et au Niger, tandis que Maliens et Nigériens travaillent depuis le Burkina Faso. Ces équipes assurent la coordination des opérations interarmes, garantissant que les actions militaires soient synchronisées à l’échelle régionale.
C’est dans ce cadre que la Guinée est intervenue. Les forces spéciales guinéennes ont rejoint les Burkinabés pour former les soldats locaux. « Dès le départ, ils sont venus nous aider à former nos troupes. Nous avons fait beaucoup de formations ensemble. Et chaque semaine, vous trouverez des unités burkinabés et nigériennes en manœuvre ensemble », a précisé Traoré, soulignant la qualité de la coordination terrestre et aérienne.
Le processus se poursuit avec un objectif clair : la création d’une force sahélienne conjointe, dotée d’un état-major unique capable d’agir rapidement sur l’ensemble du territoire de l’AES. « Cela peut prendre quelques mois, mais nous y travaillons », a expliqué le président burkinabé.
Cette coopération s’inscrit dans un cadre plus large : en 2023, le Burkina Faso et la Guinée ont signé 22 accords de coopération, couvrant notamment le domaine militaire, renforçant les liens stratégiques et la solidarité régionale.
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