La Guinée a franchi, ce mercredi, une étape décisive dans la lutte contre le paludisme avec le lancement officiel de la campagne de vaccination au moyen du vaccin antipaludique RTS,S. La cérémonie, présidée par le Premier ministre Bah Oury, s’est tenue en présence d’autorités sanitaires, de partenaires techniques et financiers, ainsi que de représentants de la société civile.
Une maladie encore meurtrière
Le paludisme demeure une cause majeure de mortalité infantile dans le pays. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 230 millions de cas et 597 000 décès liés à la maladie ont été recensés dans le monde en 2023, dont 94 % des cas et 95 % des décès en Afrique. La Guinée a enregistré, la même année, 2,7 millions de cas pour plus de 1 400 décès, dont près de 68 % concernaient des enfants de moins de cinq ans.
« Au-delà de la santé, le paludisme freine le développement économique et social. Il absorbe jusqu’à 40 % des dépenses publiques de santé dans certains pays africains », a souligné la représentante des partenaires internationaux.
Un déploiement progressif
Recommandé par l’OMS pour les enfants âgés de 5 à 23 mois, le vaccin RTS,S est administré en quatre doses. La première phase de la campagne guinéenne ciblera les districts de Mamou, Gaoual, Kankan et Yomou. Ce déploiement pilote précédera une extension progressive à l’ensemble du territoire.
Innovation notable : l’enregistrement des naissances sera réalisé parallèlement à la vaccination, permettant aux enfants immunisés d’obtenir un acte de naissance.
Un outil supplémentaire dans l’arsenal de lutte
Pour Charlotte Daffé, ministre de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, représentant la ministre de la Santé, ce vaccin vient compléter les stratégies déjà en place : distribution de moustiquaires imprégnées, chimioprévention saisonnière et campagnes de sensibilisation.
Un engagement politique affirmé
Le Premier ministre Bah Oury a rappelé l’importance de cet outil dans le cadre du droit à la santé, inscrit dans le projet de nouvelle Constitution. « Ne pas vacciner, c’est violer le droit constitutionnel des nouveau-nés à la vie et à la santé », a-t-il déclaré. Il a également salué la progression de la couverture vaccinale nationale, passée de 47 % en 2022 à 63 % en 2025, et annoncé la construction de nouveaux centres de santé dans les zones les plus touchées.
Un partenariat stratégique
Le lancement du vaccin s’appuie sur une collaboration entre l’État guinéen, les communautés locales, l’OMS, l’UNICEF, Gavi et plusieurs ONG. Ces partenaires se sont engagés à former le personnel de santé, assurer le suivi post-vaccinal et évaluer en continu l’efficacité du vaccin.
Avec cette initiative, la Guinée rejoint les pays africains qui misent sur la vaccination pour réduire durablement l’impact du paludisme sur les enfants et sur le développement du pays.
IAC, pour laguinee.info







