spot_img
spot_img
spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
spot_img

Retrait du permis minier à Boké : Emirates Global Aluminium dénonce une « expropriation de facto » de sa filiale GAC

spot_imgspot_imgspot_img

À LIRE AUSSI

À la suite du retrait de la concession minière de Guinea Alumina Corporation (GAC) au profit de la société publique Nimba Mining Company SA (NMC), Emirates Global Aluminium (EGA), maison mère de GAC, a vivement réagi dans un communiqué daté du 5 août 2025, dénonçant une violation grave de ses droits contractuels.

Un jour après la création par décret présidentiel de Nimba Mining Company SA (NMC) et la réattribution d’une concession minière de 690 km² dans la région de Boké, Emirates Global Aluminium (EGA) a publié une déclaration officielle dénonçant une décision qu’elle qualifie de brutale et injustifiée.

Dans son communiqué, EGA « dénonce fermement la décision prise par la République de Guinée de révoquer le titre minier de sa filiale GAC, ainsi que son transfert à une entité étatique nouvellement créée, Nimba Mining Company SA. »

Une suspension jugée illégale et des droits bafoués

Cette révocation survient après plusieurs mois de tension entre GAC et l’État guinéen. EGA précise que :

« Cette décision fait suite à la suspension illégale des opérations de GAC depuis l’automne 2024 et à la tentative injustifiée de résilier l’accord de base qui permettait à la société d’opérer en Guinée. Les mesures initiées par la République de Guinée équivalent à une expropriation de facto de l’investissement d’EGA en Guinée. »

Pour le groupe émirati, la démarche du gouvernement guinéen constitue « une violation flagrante des droits contractuels et légaux de GAC. Elle met en péril plus de 3 000 emplois locaux et suscite de sérieuses inquiétudes quant au respect de l’État de droit par la République de Guinée. »

Une contribution économique rappelée

EGA souligne le rôle majeur joué par sa filiale dans la région de Boké. Le communiqué insiste :

« GAC a joué un rôle essentiel dans le développement socio-économique à long terme de la région de Boké, contribuant à hauteur de 244 millions de dollars à l’économie guinéenne et investissant 700 000 dollars dans des projets sociaux rien qu’en 2024. »

Pour EGA, le retrait du permis constitue « une prise de contrôle illégale et hostile », qualifiée de « violation supplémentaire des obligations contractuelles de la Guinée ». Cette action, selon la société, « compromet toute crédibilité de ses relations avec les investisseurs étrangers. »

Des inquiétudes sur la gouvernance

Le transfert de la concession à une nouvelle société publique soulève de vives inquiétudes chez EGA, qui déclare :

« En réaffectant les droits miniers de GAC à une autre entité – qui, malgré le manque de transparence, semble être une entité étatique guinéenne –, l’État guinéen a signalé qu’il était prêt à violer les principes juridiques fondamentaux au détriment de la confiance des investisseurs, de la transparence de la gouvernance et de l’intérêt national à long terme. »

Voies de recours engagées

Face à ce qu’elle qualifie d’atteinte grave à ses intérêts, EGA affirme qu’elle ne restera pas passive. Elle annonce :

« EGA se réserve tous ses droits, tandis que GAC cherchera à obtenir réparation par les voies légales déjà engagées et toute autre action en justice devant les instances compétentes. GAC, avec le soutien d’EGA, reste déterminé à protéger ses droits et les intérêts de ses employés, partenaires et actionnaires. »

Contexte

La Guinée, riche en bauxite, opère un recentrage de sa politique minière visant à renforcer le contrôle national sur ses ressources. Le retrait du permis de GAC et la création d’une société étatique marquent une nouvelle phase de cette stratégie, qui provoque déjà des frictions avec des partenaires étrangers.

La suite du dossier se jouera à la fois sur le terrain juridique et diplomatique.

 

Laguinee.info

- Advertisement -
spot_img
spot_img
spot_img

ECHO DE NOS RÉGIONS