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Conakry accueille le FAFOA: le PM Bah Oury à la manœuvre pour une nouvelle gouvernance des ressources naturelles

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Face aux défis budgétaires et aux mutations de l’économie mondiale, la Guinée amorce un tournant stratégique dans la gestion de ses ressources naturelles. En marge de l’ouverture du Forum des administrations fiscales ouest-africaines (FAFOA), présidé ce lundi 4 août par le Premier ministre Bah Oury, les autorités guinéennes ont réaffirmé leur volonté de rompre avec le modèle extractif traditionnel pour faire du secteur minier un levier de transformation économique durable.

Dans une allocution aux accents résolument réformateurs, le chef du gouvernement guinéen a plaidé pour une exploitation plus responsable et surtout plus profitable des ressources minières nationales. « Nous ne voulons plus être perçus uniquement comme un pays d’extraction minière, dont les ressources sont exportées sans aucune transformation locale », a déclaré Bah Oury, devant un parterre de représentants des administrations fiscales ouest-africaines, de partenaires techniques et d’experts.

 

Un cap stratégique : transformer localement, fiscaliser mieux

Cette prise de parole s’inscrit dans une dynamique amorcée depuis plusieurs mois par le gouvernement guinéen, qui entend concilier impératifs fiscaux et ambitions industrielles. À travers une réforme plus rigoureuse de la fiscalité minière, Conakry ambitionne d’identifier et de mobiliser d’ici 2026 l’ensemble des recettes encore non perçues dans ce secteur stratégique. Une mesure jugée nécessaire pour élargir la base fiscale, en pleine contraction des aides au développement.

« Le changement de cap engagé n’est pas dicté par l’émotion, mais s’inscrit dans une vision cohérente et concrète », a martelé le Premier ministre, rappelant que la finalité est de créer de la valeur ajoutée sur le territoire guinéen, au bénéfice des populations. Cette volonté s’accompagne d’une politique d’incitation à la transformation locale des matières premières, dans le but de stimuler l’industrialisation et de renforcer les chaînes de valeur nationales.

Entre mines et agriculture : un équilibre à construire

Bien que la Guinée soit reconnue pour son immense potentiel minier, Bah Oury a tenu à replacer ce secteur dans une vision plus large de développement. « Nous sommes plus un pays agricole qu’un pays minier », a-t-il insisté, soulignant que l’exploitation du sous-sol doit servir de socle au développement du secteur agricole, jugé vital pour l’autosuffisance alimentaire et la stabilité sociale.

Cette articulation entre ressources minières et relance agricole marque un changement de paradigme, dans un pays longtemps dépendant des exportations brutes de bauxite et d’or. Le gouvernement veut désormais inscrire l’exploitation des ressources naturelles dans une logique de durabilité et de diversification économique.

Un plaidoyer pour la souveraineté économique

Dans un contexte marqué par la baisse progressive des financements extérieurs, le Premier ministre a invité les États de la sous-région à repenser en profondeur leurs modèles économiques. « Le recul de l’aide au développement ne doit pas nous inquiéter. Il doit nous pousser à prendre nos responsabilités », a-t-il lancé, appelant à une mobilisation accrue des ressources internes pour sortir du cycle de l’endettement.

Il a également réitéré le souhait de voir le siège de l’Institut des mines continentales s’installer en Guinée, une initiative qui, selon lui, permettrait de mutualiser les expertises africaines et de renforcer la gouvernance régionale dans le secteur extractif.

Une équation à résoudre

La transition vers une économie moins dépendante des exportations brutes de matières premières pose néanmoins de nombreux défis. La mise en place d’un cadre fiscal efficace, la création d’infrastructures de transformation, l’attractivité pour les investisseurs et la stabilité institutionnelle sont autant de conditions nécessaires pour réussir ce virage stratégique.

Si la volonté politique semble désormais clairement affichée, sa mise en œuvre concrète reste à suivre. Dans une Guinée en quête de souveraineté économique, le pari d’une valorisation locale des richesses minières pourrait bien redéfinir les contours du développement national. À condition que les ambitions exprimées au FAFOA trouvent leur traduction dans les actes.

Laguinee.info

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