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Mali : Saisie inédite de 20 voitures gonflables destinées à tromper les drones militaires

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L’armée malienne a intercepté une cargaison de vingt véhicules gonflables, utilisés selon elle par des groupes armés pour leurrer les drones. Une stratégie de guerre asymétrique jugée « relativement bon marché » par des experts du Sahel.

Les autorités militaires maliennes ont annoncé la saisie de vingt voitures gonflables que des groupes rebelles auraient projeté d’utiliser comme leurres contre les frappes de drones. Ces véhicules, dont certains sont façonnés à l’image de Land Cruiser, visent à détourner ou épuiser les tirs coûteux des drones de l’armée nationale. Une méthode de contournement technologique qui soulève de nouvelles interrogations sur les moyens employés par les groupes armés pour déjouer la surveillance aérienne dans la région sahélienne.

Une tactique d’usure face aux drones maliens

Derrière leur apparente absurdité, ces voitures gonflables représentent une forme ingénieuse de guerre asymétrique. En prenant la forme de véhicules militaires ou civils, elles visent à provoquer des frappes inutiles de drones maliens, réduisant ainsi leur efficacité opérationnelle. L’armée n’a pas précisé le lieu ni la date exacte de la saisie, pour des raisons liées à l’enquête en cours.

Un investissement modeste pour un rendement stratégique

Rida Lyammouri, expert du Sahel au Policy Center for the New South, interrogé par africanews.com, souligne la rentabilité de cette tactique :

« Ils coûtent environ 1300 dollars et comparé au coût d’un vrai véhicule ou même aux pertes humaines ou aux dommages que les drones pourraient causer, c’est relativement bon marché pour eux. »
Selon lui, l’objectif est clair : « éviter l’utilisation accrue des drones dans les deux pays, au Mali et au Burkina Faso ».

Des groupes armés dans le viseur des autorités

D’après les informations, ces équipements gonflables pourraient provenir des pays côtiers voisins, a indiqué un autre expert du Sahel. En ce qui concerne les potentiels bénéficiaires de cette cargaison, Rida Lyammouri estime que deux groupes sont les plus susceptibles d’être impliqués :

« Au Mali, nous pouvons absolument penser à deux groupes. Nous pouvons penser au JNIM ainsi qu’au FLA parce que ce sont les deux groupes qui ont été ciblés par les drones ces dernières années. Je pense donc que ces groupes les utilisent, et si ce n’est pas le cas, je pense que la saisie était peut-être destinée à l’un de ces groupes, sinon aux deux. »

Des témoignages qui confirment l’usage de ces leurres

Du côté du Front de libération de l’Azawad (FLA), un responsable, sous couvert d’anonymat, a reconnu l’usage de ces voitures gonflables. Il affirme que son groupe en fait usage depuis novembre dernier, notamment dans la région de Kidal. Selon ses confidences, le FLA aurait été ciblé à trois reprises par des drones maliens depuis l’année dernière.

Cette saisie insolite met en lumière l’évolution des techniques de contournement utilisées par des groupes armés dans un contexte de militarisation croissante du ciel sahélien. À mesure que les États renforcent leurs moyens technologiques, les groupes rebelles semblent, eux aussi, affiner leurs stratégies de dissuasion et de camouflage. Une dynamique qui pose de nouveaux défis sécuritaires pour les forces régulières et qui pourrait marquer une nouvelle étape dans la guerre d’usure que se livrent drones et guérillas au Sahel.

Laguinee.info

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