Lors de l’assemblée générale de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), le vice-président du parti, Dr Fodé Oussou Fofana, a livré un discours sans détour, empreint de fermeté et de principes. Dans un contexte de recomposition politique, marqué notamment par le ralliement de certains cadres de l’UFDG au gouvernement de transition du CNRD, il a défendu une vision exigeante de la politique, fondée sur la loyauté, la dignité et la fidélité aux idéaux du parti.
Face aux militants et responsables venus nombreux, Dr Fofana a mis les mots justes sur ce qu’il considère comme une trahison de l’esprit du combat politique :
« Il y a des mots qui nous élèvent, des mots qui nous rappellent qui nous sommes et pourquoi nous nous battons. La politique et la dignité font partie de ces mots-là. Faire de la politique, ce n’est pas courir après des postes. Ce n’est pas céder aux appels du pouvoir ni vendre ses principes. Faire de la politique, c’est s’engager. C’est croire à une vision. C’est défendre des idées, une idéologie et un peuple. »
Une dénonciation claire, sans nommer… mais en visant
Même sans les nommer directement, les propos du vice-président ciblaient clairement les cadres du parti ayant accepté des fonctions ministérielles. L’exemple le plus notable étant celui de Cellou Baldé, ancien coordinateur des fédérations de l’intérieur, aujourd’hui ministre de la Jeunesse dans le gouvernement du CNRD.
Fodé Oussou déplore ces départs qu’il qualifie de reniements :
« La politique n’a de valeur que si c’est fait avec dignité. La dignité, c’est cette capacité de dire non, même quand le pouvoir fait miroiter les privilèges. C’est refuser de trahir ses camarades (…) »
Et d’ajouter, sur un ton accusateur :
« Alors je vous demande, c’est quoi un poste ministériel s’il est obtenu avec de la trahison ? Cela revient à renier des années de combat, à tourner le dos à ceux qui vous ont soutenus, à piétiner la confiance des militants pour satisfaire une ambition personnelle. Ce n’est pas une victoire, c’est une défaite morale. C’est une tache qui colle à la mémoire longtemps après que les projecteurs se soient éteints. »
Un discours de principes, un rappel à l’éthique collective
Dr Fofana précise qu’il ne s’agit pas de fustiger des personnes, mais de maintenir une ligne politique claire :
« Il ne s’agit pas ici de condamner des individus. Il s’agit de préserver un cap, une éthique et une ligne. Une démocratie solide ne se construit pas sur les reniements et les petites manœuvres. Elle se construit sur la fidélité et la loyauté. »
Son discours, ponctué d’applaudissements, a aussi été l’occasion de saluer les militants restés fidèles au parti, malgré les vents contraires. À ceux qui seraient tentés de franchir la ligne, il a lancé une mise en garde directe :
« À ceux qui doutent encore, rappelez-vous que le pouvoir est éphémère, mais la conscience ne vous quitte jamais. Soyez bien pour notre parti. Soyez bien pour notre combat. Et surtout, restons dignes. Car on peut perdre tout, on peut perdre une élection, mais non l’honneur… »
Un engagement personnel réaffirmé
Le vice-président de l’UFDG a conclu sur une note intime et durable :
« La dignité, la loyauté, on ne la fait pas pour quelqu’un. On le fait pour soi-même. Parce que demain, dans 10 ans, 20 ans, dans 30 ans, on parlera de la politique, on parlera de la Guinée, on parlera des individus. Chacun va récolter ce qu’il a semé. Ce que vous êtes, c’est ce comportement que vous avez aujourd’hui, et dans 50 ans, on parlera de ce comportement-là. Ce que vous faites aujourd’hui va vous suivre et va avoir des conséquences demain. »
Dans un parti en pleine épreuve de cohérence, les mots de Fodé Oussou Fofana sonnent comme une tentative de resserrer les rangs autour des valeurs fondatrices de l’UFDG, face à ce qu’il considère comme des déviations opportunistes. Une manière de rappeler, à la fois aux militants et aux anciens camarades, que l’histoire politique se juge sur la durée… et sur l’honneur.
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