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Aliou Bah, derrière les barreaux mais debout : « La Maison centrale fait partie de ma route »

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On le pensait assourdi par les murs, il répond par l’écho. Depuis sa cellule, Aliou Bah parle. Pas en criant. Pas en se plaignant. Mais avec cette voix posée, presque sereine, que ses adversaires aiment sous-estimer et que ses partisans n’avaient plus entendue depuis sa condamnation.

Deux ans de prison ferme. Le silence durait depuis des semaines. Puis, ce message. Publié calmement sur la page Facebook officielle du MoDel. Pas un coup de gueule, pas une déclaration martiale. Plutôt une méditation. Une leçon de trajectoire.

« Certains sont partis d’ici pour être présidents et d’autres sont partis de la présidence pour se retrouver ici. Je considère qu’ici faisait partie de mon parcours et il fallait que j’y vienne, donc je dis al hamdoulilah. »

Pas de rage, pas de rancune. Juste cette certitude : il fallait en passer par là. Comme un pèlerinage en territoire carcéral. Comme une escale imposée sur la carte d’un combat.

Dans ses mots, pas de stratégie de communication. Plutôt une posture de conviction. Il parle de ceux qu’il rencontre à l’intérieur, « des personnes ressources », dit-il. Comme s’il avait trouvé là un autre peuple, parallèle, invisible, que sa liberté jusque-là ne lui avait jamais permis de croiser.

« Mon passage ici m’a fait rencontrer des personnes ressources que je n’aurais peut-être pas rencontrées étant libre, car nos chemins étaient parallèles. »

Une manière de dire que même dans l’ombre, il continue d’apprendre, de construire, de penser.

Et lorsqu’on attend de lui qu’il parle d’enfermement, il dégaine cette phrase, sèche mais lumineuse :

« La Maison centrale fait partie de la Guinée, donc c’est une étape de ma route. Et tant que mon esprit et ma conscience sont libres, je me considère libre. »

La formule est ciselée. Elle n’est pas improvisée. Elle claque. Elle dit tout.

Aliou Bah ne cherche pas à renverser le système avec des coups de poing sur les barreaux. Il trace une ligne. Il inscrit la prison dans le récit d’un homme debout. Il rappelle, sans le dire, que les murs n’arrêtent pas ceux dont l’esprit circule encore.

Ce message n’est pas un retour. C’est un rappel. L’opposant est en prison. Mais l’homme, lui, n’a pas quitté la scène. Et surtout pas le débat.

 

Laguinee.info

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