Sans surprise, la réaction du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) ne s’est pas fait attendre après l’annonce officielle, par Alassane Ouattara, de sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre prochain.
Dans un communiqué au ton ferme, signé de son président exécutif Sébastien Dano Djédjé, le parti d’opposition dénonce ce qu’il qualifie de « quatrième mandat anticonstitutionnel », et appelle les Ivoiriens à défendre leur Constitution « avec la force du droit ».
« Ce que les Ivoiriens attendaient, ce n’était pas sa décision, mais le prétexte qu’il allait invoquer pour justifier ce quatrième mandat », lance d’entrée le PPA-CI, dénonçant une nouvelle violation de la Loi fondamentale.
Pour le parti de Laurent Gbagbo, le président sortant ne surprend plus personne. Sa volonté de se maintenir au pouvoir était, selon eux, connue depuis longtemps. Mais ce que le PPA-CI refuse, c’est la banalisation d’une candidature qu’il juge illégale.
« La Constitution, elle, n’est pas une opinion : elle interdit formellement un quatrième mandat. Elle est claire, et nul ne saurait y échapper, fût-il chef de l’État », insiste le communiqué.
Une attaque frontale contre le bilan d’Ouattara
Au-delà de l’aspect juridique, le PPA-CI fustige le discours d’Alassane Ouattara qu’il qualifie de déconnecté des réalités.
« Parler d’expérience après 15 ans de pouvoir absolu, c’est se dérober à son propre bilan. Évoquer la stabilité quand on a gouverné par la répression, c’est insulter la mémoire des victimes », accuse le parti.
Pour les cadres du PPA-CI, cette nouvelle candidature est surtout le signe d’un refus d’alternance, une volonté de « confisquer l’avenir d’un peuple » en « instrumentalisant les institutions ».
Appel à la mobilisation citoyenne
Face à ce qu’il considère comme une menace pour la démocratie ivoirienne, le PPA-CI appelle les citoyens à se mobiliser dans le respect de la légalité. Il invite à une riposte démocratique, pacifique, mais résolue.
« Le peuple ivoirien devra répondre. Non dans la violence, mais avec la force du droit, l’énergie du refus, et la détermination du combat démocratique. »
Dans ce contexte qu’il juge grave, le parti en appelle aussi à la communauté internationale, estimant que le peuple ivoirien ne restera pas silencieux face à ce qu’il considère comme un coup de force institutionnel.
« Nous tiendrons Monsieur Alassane Ouattara pour responsable des tensions et violences qui pourraient advenir », prévient le PPA-CI.
Et de conclure sans ambages :
« La Côte d’Ivoire n’est pas une monarchie, et nul n’a le droit de s’y installer à vie. »
Laguinee.info







