Face à la montée des tensions diplomatiques entre Abidjan et Ouagadougou après la mort controversée de l’activiste burkinabè Alain Christophe Traoré, alias Alino Faso, le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) est sorti de son silence. Dans une déclaration officielle signée par son porte-parole adjoint, le parti de Laurent Gbagbo se dit profondément touché par cette disparition et demande une enquête urgente, crédible et transparente.
« Il est de la plus haute importance que cette affaire soit traitée dans le respect des règles et usages diplomatiques », insiste le communiqué.
Une mort en détention, dans une école de gendarmerie
Alino Faso, activiste burkinabè de 44 ans, était détenu à l’École de gendarmerie d’Abidjan depuis le 10 janvier 2025. Il avait été interpellé et poursuivi pour des faits graves : intelligence avec des agents d’un État étranger, espionnage, diffusion de fausses nouvelles, et atteinte à la sûreté de l’État, entre autres. Le procureur de la République, dans un communiqué daté du dimanche 27 juillet, a annoncé que le détenu avait été retrouvé mort dans sa cellule le jeudi 24 juillet à 7h30, après s’être pendu avec son drap, suite à une tentative de se trancher les veines.
Mais pour le PPA-CI, comme pour le gouvernement burkinabè, la thèse du suicide laisse sceptique.
Le PPA-CI exprime sa compassion… et ses inquiétudes
« Le PPA-CI exprime sa forte compassion et ses sincères condoléances à la famille du défunt ainsi qu’aux autorités burkinabè », écrit le parti, tout en appelant les autorités ivoiriennes à faire toute la lumière sur cette mort brutale.
La formation politique juge particulièrement troublant que le décès soit survenu dans un centre de formation d’élite militaire, ce qui, selon elle, soulève des questions sur les conditions de détention.
Une dénonciation des dérives du pouvoir RHDP
Dans sa déclaration, le PPA-CI dénonce des pratiques de détentions arbitraires et appelle à y mettre un terme immédiatement. Le parti accuse le régime RHDP de réprimer des voix critiques, qu’elles soient ivoiriennes ou étrangères, en les maintenant dans des lieux non officiels, au mépris de leurs droits fondamentaux.
« L’École de gendarmerie n’est pas destinée à détenir des personnes poursuivies pour quelque motif que ce soit », rappelle le communiqué avec fermeté.
Le PPA-CI appelle ainsi le gouvernement à rompre avec des pratiques « dictatoriales rétrogrades », qui n’honorent pas la Côte d’Ivoire, et exhorte le régime en place à restaurer l’État de droit.
Préserver la paix entre deux peuples frères
Tout en maintenant un ton critique, le parti insiste sur la nécessité d’éviter une détérioration des relations entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Il appelle à préserver la fraternité historique entre les deux peuples et à traiter ce dossier avec diplomatie, responsabilité et dignité.
« Le climat des relations entre nos deux États ne doit pas être davantage assombri par des silences coupables ou des manipulations. »
La mort d’Alino Faso continue de provoquer des réactions en chaîne dans les sphères politiques. Après la colère du gouvernement burkinabè, c’est désormais une voix d’opposition ivoirienne majeure qui demande des comptes. Reste à savoir si le régime d’Abidjan répondra à l’appel ou s’enfermera dans le mutisme.
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