L’affaire Djenabou Bah aura suscité un vent de colère et d’indignation entre Conakry et Monrovia. Mais à peine le feu couvait-il que les diplomaties des deux pays ont su raviver les braises de la fraternité. Ce lundi 28 juillet, le ministre guinéen des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a reçu en audience Cheikh Al-Moustapha Kouyaté, ministre d’État chargé des Affaires présidentielles du Libéria et envoyé spécial du président Joseph Boakai.
Une rencontre jugée « cordiale et fraternelle », marquant le début d’un dégel entre les deux capitales ouest-africaines, après les tensions nées d’un incident choquant survenu à Monrovia.
Des regrets exprimés, des valeurs rappelées
C’est avec des mots pesés et un ton solennel que l’envoyé spécial s’est exprimé :
« Nous sommes venus en tant qu’envoyés spéciaux du chef de l’État libérien pour dire au peuple et au gouvernement guinéens que nous regrettons profondément ce qui s’est passé entre Djenabou Bah et un policier libérien. »
Cheikh Al-Moustapha Kouyaté a tenu à rappeler l’ancrage panafricain du Libéria, insistant sur les liens de sang et d’histoire qui unissent les deux pays.
« Tout Africain, surtout tout Guinéen qui foule le sol libérien, devient automatiquement libérien. C’est inscrit dans notre Constitution. »
Et d’ajouter, dans un plaidoyer poignant pour la dignité des femmes :
« Nous regrettons d’autant plus que la victime soit une femme. Le Libéria a toujours eu une attention particulière pour la condition féminine. N’oubliez pas que nous avons été le premier pays du continent à élire une femme présidente. »
Vers une enquête et une vérité attendue
Engagé sur le terrain de la justice et de la vérité, l’émissaire libérien a également promis la transparence :
« Nous ferons tout ce qui est humainement possible pour que la vérité éclate. Mais en attendant, nous sommes venus dire au peuple guinéen : pardon. Car Conakry et Monrovia restent unies, quoi qu’il arrive. »
Une affaire qui avait enflammé l’opinion
Pour mémoire, le 25 juillet, une vidéo montrant Djenabou Bah, citoyenne guinéenne, brutalisée par des policiers libériens, avait circulé massivement sur les réseaux sociaux, provoquant stupeur et indignation. En réaction, le chef de la diplomatie guinéenne, Dr Morissanda Kouyaté, avait convoqué le chargé d’affaires par intérim de l’ambassade du Libéria à Conakry, M. Samuel Semah, pour exprimer l’indignation du gouvernement guinéen et exiger une enquête sérieuse.
L’apaisement, en héritage partagé
Entre douleur, regrets et volonté de dépasser l’incident, Conakry et Monrovia réaffirment un principe essentiel : les frontières ne doivent jamais être des barrières entre frères. À travers cette démarche diplomatique rapide, c’est une leçon d’unité et de maturité politique qui est donnée.
La balle est désormais dans le camp de la justice libérienne. Le peuple guinéen, lui, reste en attente. D’une vérité. D’un geste. D’un acte fort.
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